À l’occasion du 20 avril, Journée nationale de la diaspora haïtienne, la Fondation Zile salue la contribution exceptionnelle des Haïtiennes et des Haïtiens vivant à l’étranger, ainsi que de leurs descendants, à la survie, au rayonnement et à l’avenir d’Haïti.
Dans le contexte actuel de crise profonde que traverse le pays, la diaspora demeure l’une des principales forces de soutien à la nation, par sa solidarité, ses transferts, ses compétences, son engagement civique et sa présence active dans de nombreux espaces économiques, sociaux, culturels et institutionnels à travers le monde.
Une diaspora de près de 4 millions de personnes, dans un monde de plus en plus hostile
La communauté haïtienne dans le monde pourrait aujourd’hui avoisiner les 4 millions de personnes, immigrants et personnes d’origine haïtienne confondues — soit l’équivalent d’un tiers de la population résidente du pays. Cette présence massive à l’international s’est construite au fil des décennies, portée par des crises politiques, économiques et sécuritaires successives.
Le top 10 des pays d’accueil de cette diaspora comprend, selon les estimations disponibles : les États-Unis, la République dominicaine, Cuba, la France et ses territoires d’outre-mer, le Chili, le Canada, le Brésil, le Mexique, les Bahamas et l’Argentine. Cette géographie diasporique confirme qu’Haïti existe bien au-delà de ses frontières et que ses communautés à l’étranger constituent une ressource stratégique de premier ordre pour toute politique de redressement national, de coopération et de projection internationale.
Des transferts qui dépassent les 5 milliards de dollars : le dernier rempart de l’économie nationale
Dans ce contexte, les transferts de fonds envoyés par la diaspora constituent le véritable pilier de l’économie haïtienne. Selon les dernières données de la Banque de la République d’Haïti (BRH), les envois sans contrepartie ont atteint un niveau record en 2025, avec un montant de 4,95 milliards de dollars américains, soit une hausse de 19,8 % par rapport à l’exercice précédent — et ce chiffre est considéré comme sous-estimé, des transferts informels échappant aux statistiques officielles.
En tenant compte de ces flux non enregistrés, les transferts haïtiens dépassent vraisemblablement les 5 milliards de dollars en 2025, selon les projections les plus réalistes. Plus de 70 % de ces fonds proviennent des États-Unis, ce qui illustre à la fois la puissance de la diaspora nord-américaine et la vulnérabilité que représente cette concentration face aux décisions de politique migratoire de Washington. Dans un pays dont la consommation finale aurait pu subir une contraction bien plus sévère, ces envois de fonds ont été une véritable bouffée d’oxygène, compensant l’effondrement des exportations et des investissements directs étrangers. La diaspora n’est donc pas seulement un prolongement affectif d’Haïti à l’étranger : elle en est aujourd’hui le principal poumon économique.
Une commission interministérielle permanente pour institutionnaliser cet engagement
La Fondation Zile propose, dans cet esprit, la création d’une commission interministérielle permanente réunissant les cinq ministères concernés par l’arrêté présidentiel instituant la Journée nationale de la diaspora : le Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger, le Ministère des Affaires étrangères, le Ministère du Tourisme, le Ministère de la Culture et de la Communication, ainsi que le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Cette commission aurait pour mission d’organiser, de manière rotative dans nos communautés de l’extérieur, cette commémoration nationale, tout en assurant une meilleure coordination avec les autorités des pays d’accueil.
La Fondation Zile estime également que cette structure devrait préparer un programme annuel de mobilisation des compétences et des investissements de la diaspora au service d’Haïti, et mettre en place un mécanisme permanent de suivi, de valorisation et de concertation avec les communautés haïtiennes à l’étranger.
Du 20 avril à une véritable Journée d’Haïti dans le monde
Plus largement, la Fondation Zile considère que la Journée nationale de la diaspora doit évoluer pour devenir une véritable Journée d’Haïti dans le monde. Il s’agirait de reconnaître pleinement que la diaspora n’est pas seulement un prolongement d’Haïti à l’étranger, mais une dimension essentielle de la nation elle-même. Le 20 avril doit ainsi devenir un moment fort de visibilité, de fierté nationale, de diplomatie citoyenne et de mobilisation collective autour des ressources humaines, économiques et culturelles dont disposent nos communautés dans le monde.
En ce 20 avril, face à une crise nationale qui s’approfondit et à un environnement international qui se durcit pour les migrants haïtiens, la Fondation Zile renouvelle son appel à l’État haïtien pour qu’il accorde à la diaspora la place stratégique qu’elle mérite dans la vision nationale, dans l’action publique et dans la reconstruction d’Haïti.
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