par REHMONCO
Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti
Dans le cadre d’une vaste campagne de mobilisation contre l’inflation, les syndicats du secteur industriel ont organisé 3 journées de grève les lundi 13, mardi 14 et mercredi 15 avril 2026 pour réclamer un ajustement du salaire minimum journalier, gelé depuis 2022. En effet, le salaire de base n’a pas suivi l’inflation, laquelle a atteint un rythme annuel de plus de 30 à 40 % ces dernières années. Des organisations liées à Batay Ouvriye, dont le Syndicat des ouvrières et ouvriers de la Compagnie de développement industriel de Ouanaminthe (Sokowa), se sont alliées à d’autres plateformes syndicales pour mener cette mobilisation dans le Nord-Est et à Port-au-Prince.
En plus d’avoir observé trois jours de grève dans la branche de la sous-traitance, les ouvrières et ouvriers ont manifesté massivement pour accentuer la pression sur le gouvernement de facto d’Alix Didier Fils Aimé et le patronat. Plusieurs milliers d’entre elles et d’entre eux ont défilé dans les rues pour réclamer un salaire de 3,000.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 154.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 96.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui) et une subvention de 30,000.00 gourdes. Il convient de souligner que cette mobilisation s’est intensifiée suite à l’augmentation d’environ 37 % des prix des produits pétroliers par le gouvernement de Fils-Aimé. Pourtant, ce même gouvernement avait refusé unilatéralement d’ajuster le salaire minimum journalier, ignorant ainsi les recommandations du Conseil supérieur des salaires (Css) formulées en mai 2025.
Face à la forte mobilisation des ouvrières et ouvriers, réclamant un ajustement salarial à la hauteur de l’inflation, le patronat, soutenu inconditionnellement par le Ministère des affaires sociales et du travail (Mast), a opté pour la répression. Le 21 avril 2026, plusieurs usines de la Compagnie de développement industriel (Codevi) à Ouanaminthe ont procédé au licenciement sans préavis de nombreuses travailleuses et de nombreux travailleurs. Pour légitimer ces révocations et bafouer le droit de revendication, le patronat a cyniquement exhumé le décret du 27 mai 1986, hérité du régime militaire sanglant du général Henri Namphy.
D’autres usines ont renvoyé toutes les travailleuses et tous les travailleurs, qui osaient mobiliser leurs camarades dans les ateliers. Par l’entremise du Ministère des affaires sociales, le gouvernement laisse le champ libre à des patrons rétrogrades, qui ne cachent plus leur nostalgie de l’époque des tortionnaires duvaliéristes et des putschistes militaires.
Puisque les syndicats des ouvrières et ouvriers n’ont pas cédé à l’intimidation, ni à la violation des droits de leurs membres, le patronat a ordonné la fermeture temporaire d’une des usines de sous-traitance de la Codevi dans le Nord-Est. Ce faisant, les patrons ont imposé un lock-out, sans même chercher de justification dans le corpus juridique haïtien. Fort de ce soutien inconditionnel de l’État, le patronat dicte sa propre loi pour piétiner, en toute impunité, les droits des travailleuses et travailleurs.
Par ailleurs, dans le secteur de l’éducation, le gouvernement a fait montre d’un profond mépris envers les syndicats des enseignantes et enseignants, signataires d’un accord avec le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp) depuis le 20 janvier 2025. L’ex-ministre Augustin Antoine avait déjà ouvertement torpillé cet accord. Malgré l’installation d’un nouveau ministre, Vijonet Déméro, au début de cette année 2026, la gouvernance rétrograde du système éducatif demeure inchangée. Vijonet Déméro refuse catégoriquement de prendre en compte les revendications syndicales, pourtant conformes aux termes de l’entente de 2025.
Si le mépris du Ministère de l’éducation nationale cible directement les travailleuses et travailleurs de l’éducation publique, il est clair que son message s’adresse à l’ensemble des travailleuses et travailleurs du pays. Pour celles et ceux de la fonction publique, ce gouvernement n’entend pas offrir de conditions de travail décentes, ni de salaires indexés sur l’inflation. Quant au secteur privé, le secteur industriel par exemple, le gouvernement garantit aux patrons tout le soutien nécessaire, pour maintenir des salaires de misère et perpétuer une exploitation aux confins de l’esclavage.
Face à ces constats, le Rehmonco dénonce et condamne avec véhémence les pratiques arbitraires du patronat au sein de la Codevi et du Parc industriel. Il réclame l’annulation inconditionnelle des licenciements des ouvrières et ouvriers ainsi que leur réintégration immédiate à leurs postes respectifs.
Par ailleurs, nous fustigeons le cynisme du gouvernement d’Alix Didier Fils Aimé, illustré par les récents propos du ministre Vijonet Déméro. Tout en exigeant l’application de l’accord du 20 janvier 2025, nous appelons les syndicats de l’éducation, le mouvement ouvrier et les autres secteurs populaires à maintenir la mobilisation pour un ajustement salarial, indexé sur l’inflation au profit de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs dans le pays.
Pour authentification,
Renel Exentus, Frank W. Joseph
Montréal, le 28 avril 2026
Contact : rehmoncohaiti1915@gmail.com
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