Drame de la Citadelle : depuis sa cellule, le maire de Milot dénonce une arrestation « injuste » et appelle à une enquête impartiale

Drame de la Citadelle : depuis sa cellule, le maire de Milot dénonce une arrestation « injuste » et appelle à une enquête impartiale

Au cœur d’une crise encore vive après la tragédie survenue le 11 avril 2026 à la Citadelle Laferrière, le maire principal du cartel intérimaire de Milot, le pasteur Wesner Joseph, est sorti de son silence. Dans une lettre ouverte datée du 18 avril, rédigée depuis son lieu de détention, il conteste vigoureusement les circonstances de son arrestation et réclame une justice « équitable et respectueuse des droits fondamentaux ».

Placée sous le sceau de l’émotion et de la contestation, la correspondance du maire intervient dans un contexte de deuil collectif. Le drame, survenu lors d’un rassemblement non autorisé à la Citadelle, a coûté la vie à au moins 25 personnes et fait plusieurs dizaines de blessés. L’événement, marqué par une affluence massive et des conditions météorologiques défavorables, a profondément ébranlé la commune de Milot et au-delà.

« Une incarcération sans preuve », dénonce le maire

Dans sa lettre, le maire affirme être détenu « sans qu’aucune preuve tangible » ne lui ait été présentée, évoquant une atteinte aux principes de la présomption d’innocence. « Mon incarcération précipitée soulève de sérieuses interrogations sur le respect des droits fondamentaux », écrit-il, tout en assurant n’avoir « jamais été impliqué ni de près ni de loin » dans des décisions ayant conduit au drame.

Se disant empêché de collaborer pleinement à l’enquête, le pasteur Joseph déplore une situation qui, selon lui, le réduit « au silence » et l’empêche d’assumer ses responsabilités à la tête de la commune. Il appelle les autorités judiciaires à conduire des investigations « rigoureuses et impartiales », et exhorte les institutions de la République à garantir une justice non instrumentalisée.

Dans un ton plus rassembleur, il invite également la population à rester « vigilante, unie et attachée à la vérité », tout en réaffirmant sa foi dans l’issue du processus judiciaire.

Funérailles et soutien aux familles endeuillées

Parallèlement aux débats judiciaires, les cérémonies funéraires se poursuivent dans plusieurs communes du Nord. Selon des informations officielles, le gouvernement haïtien a accordé une enveloppe de 250 000 gourdes à chaque famille endeuillée afin de faciliter l’organisation des obsèques.

Cinq des victimes ont été inhumées vendredi à Saint-Raphaël, dans une atmosphère de recueillement et de vive émotion. Une autre victime a été portée en terre ce samedi matin à Bahon, alors que d’autres funérailles devraient se poursuivre dans les prochains jours.

Alors que la justice tente d’établir les responsabilités, la lettre du maire de Milot vient ajouter une dimension politique et institutionnelle à une affaire déjà sensible. Entre quête de vérité, exigences de justice et gestion du deuil, le drame de la Citadelle continue de susciter interrogations et tensions.

Dans l’attente des conclusions de l’enquête, la population reste suspendue à l’évolution du dossier, espérant que lumière soit faite sur les circonstances exactes de cette catastrophe qui a plongé toute une communauté dans la douleur.

Gislène Guerrier
gisleneguerrier16@gmail.com

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