« Internet à l’arrêt » : l’ONU alerte sur une “pandémie numérique” imminente
Et si Internet s’éteignait brutalement ? Paiements paralysés, hôpitaux privés de données vitales, communications d’urgence interrompues : un rapport conjoint du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe, de Union internationale des télécommunications et de Sciences Po Paris met en garde contre un scénario de « pandémie numérique » jugé plus plausible qu’il n’y paraît.
Selon ces experts, les défaillances des infrastructures numériques pourraient déclencher des perturbations en cascade à l’échelle mondiale. Tempêtes solaires, vagues de chaleur ou dommages aux câbles sous-marins — qui transportent plus de 99 % du trafic Internet — figurent parmi les menaces capables d’isoler des régions entières pendant des semaines.
Le rapport souligne la vulnérabilité croissante de sociétés devenues dépendantes de systèmes interconnectés. Jusqu’à 89 % des perturbations numériques résulteraient non pas du choc initial, mais de leurs effets en chaîne. Le nombre de personnes affectées pourrait être « dix fois supérieur » à celui des populations directement exposées.
« Et si nos systèmes numériques s’effondraient… maintenant ? », a lancé la secrétaire générale de l’UIT, Doreen Bogdan-Martin, lors d’une conférence de presse à Genève. « Les systèmes de paiement se bloqueraient, les appels d’urgence deviendraient difficiles, et l’accès à une information fiable serait compromis », a-t-elle averti.
Au cœur de ces risques se trouvent quatre infrastructures critiques : réseaux électriques, satellites, centres de données et câbles sous-marins. Leur interdépendance constitue le socle du numérique mondial, utilisé aujourd’hui par près de 5,5 milliards de personnes.
Mais cette interconnexion, si elle soutient l’économie et les services publics, amplifie aussi les crises. L’exemple de la cyberattaque NotPetya en 2017, qui a coûté plus de 10 milliards de dollars à l’échelle mondiale, illustre la rapidité de propagation de tels chocs.
Pour Kamal Kishore, chef du Bureau onusien pour la prévention des catastrophes, « le risque d’une catastrophe numérique n’est pas une question de si, mais de quand ». Le rapport appelle à renforcer la coopération internationale, développer des systèmes de secours et mieux cartographier les interdépendances.
Face à un monde toujours plus connecté, l’ONU exhorte les États à anticiper un scénario où le numérique, pilier des sociétés modernes, pourrait devenir leur principale vulnérabilité.
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