Louvre (France) : mauvaise gestion, une tête tombe ; Haïti (16/100), pacte national et tapis rouge pour un PM révoqué pour insuffisances

Louvre (France) : mauvaise gestion, une tête tombe ; Haïti (16/100), pacte national et tapis rouge pour un PM révoqué pour insuffisances

minute de la rédaction

Mario Andrésol sera-t-il, à son tour, gratifié malgré son incompétence alléguée ?

Paris / Port-au-Prince — A Paris, la séquence institutionnelle est nette : après la révélation de défaillances graves dans la sécurité du Musée du Louvre, la directrice Laurence des Cars a présenté sa démission, acceptée par l’Élysée. L’acte s’inscrit dans une tradition de responsabilité administrative où la faute de gestion — avérée ou politiquement assumée — appelle une conséquence immédiate. La reddition de comptes précède la réforme ; la sanction institutionnelle vise à restaurer la crédibilité.

À Port-au-Prince, la dynamique apparaît inverse. Dans un environnement marqué par l’effondrement sécuritaire et la défiance civique, le débat public s’est structuré autour d’un « pacte national » promu comme mécanisme de stabilisation. La presse haïtienne, dont Rezo Nòdwès, a relayé les controverses entourant la Primature, tandis qu’un Premier ministre révoqué en décembre dernier pour insuffisances caractérisées dans la conduite des affaires publiques, se voit aujourd’hui requalifié au gré d’alliances transpartisanes — dwat e gòch — et de mises en scène protocolaires.

Le clivage se densifie à l’aune des indicateurs objectifs. En 2025, les Nations Unies ont recensé plusieurs milliers d’homicides liés à la violence des gangs terroristes armés en Haïti, attestant d’une crise systémique de sécurité publique. Parallèlement, l’Indice de perception de la corruption publié récemment par Transparency International attribue au pays un score de 16/100, l’un des plus faibles au monde et le plus faible de la région. Ce chiffre, loin d’être symbolique, constitue un indicateur de gouvernance, révélateur d’une fragilité institutionnelle profonde et d’un déficit structurel de confiance.

Deux scènes, deux logiques normatives. En France, la mauvaise gestion d’une institution patrimoniale déclenche un mécanisme de responsabilité politique immédiat. En Haïti, la crise de gouvernance s’accompagne d’une recomposition discursive où le pacte se substitue à l’évaluation. Là où l’ordre administratif privilégie la conséquence juridique et morale, l’arène politique haïtienne semble privilégier la consolidation d’alliances dans un contexte de légitimité vacillante.

Au-delà du choc des images — une démission d’un côté, un tapis rouge de l’autre — se dessine une interrogation plus large : la responsabilité publique relève-t-elle d’un impératif normatif universel, ou demeure-t-elle tributaire des équilibres politiques et des rapports de force internes ?

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