La liberté de la presse atteint en 2026 son niveau le plus bas depuis 25 ans, selon le classement annuel de Reporters sans frontières, qui souligne une dégradation généralisée et durable du droit à l’information. Pour la première fois, plus de la moitié des pays évalués se trouvent dans une situation “difficile” ou “très grave”.
Le score moyen mondial n’a jamais été aussi faible depuis la création de l’indice. En 2002, 20 % de la population vivait dans un pays jugé “bon” pour la liberté de la presse ; ils sont aujourd’hui moins de 1 %. L’organisation pointe une mutation des menaces : au-delà des violences physiques, le journalisme est désormais fragilisé par une hostilité politique croissante, des modèles économiques affaiblis et un recours accru à des lois restrictives.
L’indicateur légal enregistre la plus forte baisse en 2026. Dans plus de 60 % des pays, des dispositifs juridiques — souvent liés à la sécurité nationale — sont détournés pour entraver le travail des journalistes. Cette criminalisation touche aussi bien des régimes autoritaires que des démocraties.
Dans les Amériques, la tendance est particulièrement marquée. Les États-Unis reculent à la 64e place, perdant sept rangs, dans un contexte de tensions accrues entre pouvoir politique et médias. En Amérique latine, la violence liée au crime organisé et les pressions gouvernementales accentuent la chute de plusieurs pays, dont l’Équateur et le Pérou.
Les journalistes haïtiens sont victimes d’un cruel manque de ressources financières, de l’absence de soutien de la part des institutions et d’un accès difficile à l’information. Pris en étau entre une vague de violence sans précédent et une profonde crise sociale, économique et politique, ils sont la cible des gangs et sont régulièrement victimes de menaces, d’attaques, d’enlèvement ou d’assassinats, en toute impunité.
Au sommet du classement, la Norvège conserve la première place pour la dixième année consécutive, tandis que l’Érythrée reste dernière. La Syrie enregistre la plus forte progression, gagnant 36 places après la chute du régime de Bachar al-Assad.
Selon RSF, les attaques contre la presse sont désormais assumées par leurs auteurs — États, acteurs économiques ou plateformes — dans un climat d’impunité croissante. L’organisation appelle les démocraties à adopter des mesures de protection “fermes et effectives”, estimant que l’inaction équivaut désormais à une forme de caution.
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