Haïti/RD/Télécom : Le 5 Mai prochain comme Moment de Vérité pour la confiance et la coopération

Haïti/RD/Télécom : Le 5 Mai prochain comme Moment de Vérité pour la confiance et la coopération

Le 5 mai 2026, date fixée pour la fin des inscriptions des soumissionnaires pour l’Appel d’offres lance par Luis Abinader, à travers Indotel, n’est pas seulement une date administrative dans un calendrier d’INDOTEL.

C’est un indicateur stratégique pour l’avenir du processus d’appel d’offres 700 MHz en République Dominicaine et, plus largement, pour la confiance des investisseurs dans la stabilité de l’île entière.

Une participation robuste validerait les efforts réglementaires dominicains et le signal donné du côté haïtien par le décret du 31 mars. Une faible mobilisation soulignerait la nécessité urgente de garanties bilatérales supplémentaires et d’une mise en œuvre accélérée côté haïtien.

Pour que les deux ailes de l’oiseau Hispaniola volent ensemble, il faut passer d’une approche unilatérale à une véritable coordination.

Le spectre 700 MHz peut devenir un vecteur de développement partagé (couverture rurale, 5G, inclusion numérique) ou un rappel permanent des fragilités communes. Les investisseurs, nationaux comme internationaux, observent.

Le 5 mai fournira le premier verdict du marché.

Deux Ailes d’un Même Oiseau – Le Spectre 700 MHz comme Test de Confiance Bilatérale

L’île d’Hispaniola, partagée par Haïti et la République Dominicaine, forme un seul territoire géographique, écologique et historique. L’expression « deux ailes d’un même oiseau » capture parfaitement cette réalité indivisible : ce qui affecte une aile impacte inévitablement l’autre.

Dans le domaine des télécommunications, cette interdépendance se cristallise autour de la bande des 700 MHz, ressource stratégique pour le déploiement de la 4G/5G et la couverture rurale. Alors que la date limite d’inscription des soumissionnaires à la Licitación Pública Internacional INDOTEL/LPI-001-2026 approche (le 5 mai 2026), cet exercice devient un indicateur décisif de la confiance des investisseurs et de la viabilité d’une coopération transfrontalière réelle.

Le Décret Haïtien du 31 Mars 2026 : Avancée Unilatérale, Mise en Œuvre Incertaine

Le décret adopté en Conseil des ministres et publié au Moniteur le 31 mars 2026 marque une étape historique pour Haïti. Il officialise la migration de la télévision analogique vers la Télévision Numérique Terrestre (TNT), avec extinction progressive des signaux analogiques au 30 septembre 2027.

Il réserve explicitement les canaux UHF 52 à 69 (bande 698-806 MHz, cœur du 700 MHz) aux réseaux mobiles 4G et 5G, libérant ainsi le « dividende numérique » tant attendu.

Plus d’une centaine de stations analogiques sont concernées, avec des amendes prévues pour les contrevenants et des appels d’offres futurs pour les multiplex de diffusion numérique.

Cependant, à la veille du 5 mai 2026, force est de constater un manque de progrès concret du côté haïtien.

Le CONATEL n’a pas encore publié de calendrier détaillé pour la sélection des opérateurs multiplex, ni lancé les appels d’offres pour l’attribution effective du 700 MHz aux opérateurs mobiles (Digicel, Natcom ou autres).

Aucune feuille de route technique précise, aucun audit public des stations existantes, ni mécanisme de transition financé n’ont été communiqués. Ce décalage entre l’annonce légale et l’exécution réelle maintient un risque d’interférences transfrontalières élevé, particulièrement dans les zones frontalières (Ouanaminthe-Dajabón, etc.), où les signaux haïtiens puissants continuent de déborder.

Cette situation illustre les limites d’une approche unilatérale sur une ressource partagée. Le décret haïtien est un signal positif, mais sans mise en œuvre rapide et transparente, il reste une promesse sur papier.

Du côté dominicain, cela renforce la prudence des investisseurs : comment valoriser un spectre « propre » quand la partie haïtienne de l’île ne démontre pas encore sa capacité à contrôler ses émissions ?

La Date du 5 Mai 2026 : Indicateur Clé pour l’Avenir du Processus d’Appel d’Offres

L’Appel d’offres INDOTEL/LPI-001-2026 porte sur jusqu’à 60 MHz en 700 MHz (blocs appariés 5+5 MHz), plus d’autres bandes (AWS, 2300, 3500-3700 MHz).

L’appel d’offres a été amélioré (mise à jour via Res. 025-2026 en avril 2026 pour alignement sur le nouveau PNAF), avec un prix de référence réduit et une flexibilité sur les obligations de couverture (PME) et les « obligaciones de hacer » (jusqu’à 30 % compensable via projets de service universel).

La participation (ou l’absence) des grands opérateurs internationalisés à l’inscription du 5 mai sera un baromètre immédiat :

Forte participation (Claro, Altice, Viva, et éventuels acteurs internationaux ou régionaux) :
Cela signifierait que les investisseurs jugent le risque acceptable. Le décret haïtien est perçu comme un pas concret vers la « propreté » du spectre. Le pliego est vu comme équilibré (prix, caps, flexibilité). Cela enverrait un signal fort de confiance : le processus est viable, l’avenir de la 5G dominicaine sécurisé, et la coopération bilatérale (même implicite) fonctionne. L’adjudication d’août 2026 deviendrait probable, avec des offres compétitives.

Participation faible ou nulle :
Cela indiquerait des doutes persistants. Les opérateurs historiques pourraient juger les obligations PME trop lourdes dans les zones frontalières, le risque haïtien non maîtrisé, ou le retour sur investissement insuffisant.

Les investisseurs étrangers exigeraient alors des garanties supplémentaires (clauses de force majeure élargies, indemnisation automatique en cas d’interférences). Un échec (processus desierto) forcerait une quatrième tentative avec conditions encore plus assouplies, retardant durablement le déploiement national.

Le 5 mai n’est pas une simple formalité administrative (paiement de 20 000 USD + enregistrement). C’est le premier vrai test de marché après les échecs de 2021 et 2023.

Une inscription massive crédibiliserait tout le processus ; une abstention massive l’affaiblirait et pèserait sur la confiance des investisseurs étrangers, déjà sensibles aux risques géopolitiques caribéens.

Deux Ailes d’un Même Oiseau : L’Interdépendance Inévitable et le Report des Vols

Haïti et la RD ne peuvent pas traiter le 700 MHz comme deux dossiers séparés. Les ondes ne s’arrêtent pas à la frontière.

Les problèmes haïtiens (instabilité, capacité réglementaire limitée du CONATEL, lenteur de la mise en œuvre post-décret) impactent directement la valorisation du spectre dominicain.

Inversement, le succès dominicain (déploiement rapide, revenus de l’enchère) pourrait bénéficier à Haïti via des transferts de savoir-faire ou une coordination technique.

Le report récent de la reprise des vols commerciaux (initialement prévue le 1er mai 2026, repoussée pour finaliser un « protocole de sécurité ») illustre cette même logique.

Les autorités dominicaines invoquent des impératifs sécuritaires liés à la situation haïtienne (gangs, flux migratoires, stabilité frontalière).

Ce n’est pas un événement isolé : il reflète une prudence généralisée face aux risques haïtiens.

De la même manière, les investisseurs dans le 700 MHz exigent des garanties bilatérales concrètes (task-force CONATEL-INDOTEL renforcée, monitoring conjoint, clause de compensation, implication de l’UIT) avant de s’engager financièrement.

Ignorer ce lien reviendrait à nier la géographie.

Une coordination renforcée (au-delà du protocole de 2021) est indispensable : échanges de données en temps réel, audits frontaliers communs, plan d’extinction synchronisé.

Sans cela, le spectre 700 MHz restera « risqué » des deux côtés de l’île.

Le 5 Mai comme Moment de Vérité pour la Confiance et la Coopération

Le 5 mai 2026 n’est pas seulement une date administrative dans un calendrier d’INDOTEL.

C’est un indicateur stratégique pour l’avenir du processus d’appel d’offres 700 MHz en République Dominicaine et, plus largement, pour la confiance des investisseurs dans la stabilité de l’île entière.

Une participation robuste validerait les efforts réglementaires dominicains et le signal haïtien du 31 mars. Une faible mobilisation soulignerait la nécessité urgente de garanties bilatérales supplémentaires et d’une mise en œuvre accélérée côté haïtien.

Pour que les deux ailes de l’oiseau Hispaniola volent ensemble, il faut passer d’une approche unilatérale à une véritable coordination.

Le spectre 700 MHz peut devenir un vecteur de développement partagé (couverture rurale, 5G, inclusion numérique) ou un rappel permanent des fragilités communes.

Les investisseurs, nationaux comme internationaux, observent.

Le 5 mai fournira le premier verdict du marché.

La balle est désormais dans le camp des acteurs des deux côtés de l’île. Le temps presse : une coordination technique et diplomatique renforcée, soutenue par l’UIT si nécessaire, permettrait de transformer ce risque partagé en opportunité commune.

L’avenir numérique d’Hispaniola en dépend.

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