Haïti/Corruption – Affaire Deeb : Wooster dénonce la notion d’« élite répugnante » visant le secteur privé

Haïti/Corruption – Affaire Deeb : Wooster dénonce la notion d’« élite répugnante » visant le secteur privé

Haïti/Corruption – Affaire Deeb : un diplomate américain critique la stigmatisation du secteur privé

PORT-AU-PRINCE, 16 avril 2026 (Rezo Nòdwès) — Le chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, M. Henry T. Wooster, a reconnu que la corruption participe de manière significative à la crise multidimensionnelle affectant le pays, tout en mettant en garde contre une lecture extensive des responsabilités, en particulier à l’égard du secteur privé.

Dans un entretien exclusif accordé à AyiboPost, relayé par le journaliste Jake Johnston, le diplomate s’est exprimé dans le contexte des sanctions internationales visant certains acteurs économiques haïtiens, dont l’homme d’affaires Reynold Deeb, sanctionné par le Canada pour des liens présumés avec des groupes armés et des pratiques de corruption. Il a contesté une tendance à la stigmatisation globale des élites économiques, évoquant une « démonisation » persistante. Selon lui, ces acteurs ont longtemps été qualifiés, dans le discours public haïtien, d’« élite moralement répugnante ».

Dans son analyse, la stabilisation institutionnelle demeure indissociable d’une dynamique économique soutenue. Même en cas d’affaiblissement des groupes armés, l’absence d’opportunités d’emploi constituerait un obstacle majeur au rétablissement d’un ordre durable. Le diplomate a précisé que la création d’emplois relève principalement de l’initiative privée, l’État ne disposant ni des capacités structurelles ni des ressources suffisantes pour en assurer l’essentiel.

Toutefois, cette reconnaissance s’inscrit dans une exigence juridique à l’endroit du secteur privé. M. Wooster a insisté sur la nécessité d’un repositionnement fondé sur la transparence, la responsabilité et la rupture avec des pratiques assimilées à des formes de collusion ou de prédation économique. Il a également évoqué l’existence d’un « contrat implicite » entre les acteurs économiques et la société, impliquant la cessation de certaines dérives ainsi que l’abandon des logiques de stigmatisation généralisée.

Dans ce contexte, les sanctions internationales apparaissent comme un instrument de pression ciblé. Leur effectivité demeure toutefois conditionnée par une recomposition plus large des rapports entre gouvernance publique, acteurs économiques et exigences de reddition de comptes.

Source : AyiboPost, entretien rapporté par le journaliste Jake Johnston.

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