La lettre est sans équivoque. Dans une correspondance adressée à ses collègues du Conseil présidentiel de transition (CPT), le conseiller-président Smith Augustin acte publiquement sa rupture avec la démarche visant à destituer le coordonnateur du Conseil, Laurent Saint-Cyr, à quelques jours de la fin du mandat transitoire. Un revirement lourd de sens, qui intervient dans un contexte de fortes pressions diplomatiques, notamment américaines.
Initialement favorable au renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Augustin reconnaît avoir soutenu cette option « de bonne foi », estimant qu’elle relevait des prérogatives présidentielles du CPT. Mais il affirme désormais que cette initiative a profondément divisé le Conseil, aggravé la crise politique et tendu les relations avec des partenaires internationaux clés, au premier rang desquels les États-Unis, qui ont exprimé un soutien clair et inhabituel au chef du gouvernement.
Sur le plan juridique, Smith Augustin met en garde contre une manœuvre qu’il juge fragile, voire dangereuse : destituer le coordonnateur sans publication formelle d’une résolution antérieure ouvrirait, selon lui, la voie à une spirale de révocations administratives et à une instabilité institutionnelle incontrôlable. Une escalade d’autant plus risquée qu’elle surviendrait à quelques jours seulement du 7 février, date butoir de la transition.
En conséquence, le conseiller-président annonce qu’il se retirera de tout processus décisionnel similaire jusqu’à la fin du mandat. Une prise de distance assumée, présentée comme un appel au sens de l’État et à la retenue. En filigrane, un constat s’impose : face au poids des sanctions et à la pression internationale, Smith Augustin a choisi le repli institutionnel plutôt que l’affrontement politique.
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