Trafic d’armes : l’Église Épiscopale d’Haïti sort de son silence et réclame la libération de ses prêtres et laïcs

Trafic d’armes : l’Église Épiscopale d’Haïti sort de son silence et réclame la libération de ses prêtres et laïcs

 « Qui acquitte le coupable et qui condamne le juste : tous deux sont une abomination pour le SEIGNEUR. » (Proverbes 17,15) 

Prise de parole de l’Église et confirmation progressive de son innocence 

– L’Église Épiscopale d’Haïti, membre de la Communion anglicane, présente sur le territoire national depuis 1861, sort aujourd’hui de son silence pour informer : 

• les organisations de défense des droits humains, • le peuple de Dieu, 

• le monde chrétien, 

• La presse parlée, écrite, télévisée et en ligne, 

• le peuple haïtien en général sur l’évolution du dossier relatif au transport d’armes, de munitions et de fausse monnaie importées sur le sol haïtien au nom de ladite Église et interceptées par la Police judiciaire le 14 juillet 2022 à la douane de Port-au-Prince. 

Depuis la transmission de ce dossier criminel au cabinet d’instruction, le Comité Permanent, en sa qualité d’Autorité ecclésiastique de l’Église Épiscopale, avait choisi de garder le silence afin d’éviter toute interprétation d’une quelconque influence sur le fonctionnement de la justice. Cette attitude procédait d’une conviction profonde : celle de croire aux institutions républicaines, la justice en particulier.

 Position constante : L’Eglise a toujours affirmé son innocence 

Dès le début, l’Église Épiscopale d’Haïti a affirmé clairement que ni l’institution, ni les prêtres, encore moins les laïcs, ne sont impliqués dans cette affaire. De l’enquête policière au Cabinet d’instruction, l’Eglise a maintenu cette position, laissant aux autorités compétentes le soin de faire jaillir la vérité, car elle sait que la justice élève une nation, maïs l’injustice la rabaisse. 

Confirmation de cette position par la justice en première instance : Ordonnance du 29 septembre 2023. En première instance, la justice a établi que l’Église et les personnes incarcérées étaient étrangères à ces faits et avaient été victimes d’un réseau mafieux, bien identifié par l’enquête policière et l’instruction de l’affaire. L’ordonnance rendue le 29 septembre 2023 par le juge d’instruction a confirmé l’innocence des membres du diocèse, en renvoyant hors des liens de l’inculpation les Révérends Fritz DÉSIRÉ, Frantz COLE, Jean Madoché VIL, ainsi que les laïcs Jean Mary JEAN-GILLES et Mamion SAINT-GERMAIN.

 Appel du Parquet et poursuite de la procédure Le Commissaire du gouvernement près le Tribunal de première instance de Port-au-Prince, insatisfait de cette ordonnance, a interjeté appel, de manière irrégulière et illégale. La Cour d’appel a alors, malgré les arguments fondés et légaux des parties, rejeté l’ordonnance du Premier juge en ordonnant un supplément d’information et a désigné l’un des juges de la composition pour réaliser ce travail. Malgré ses réserves sur la recevabilité de cet appel, l’Eglise a choisi de maintenir sa position de réserve, dans l’attente de la décision de la Cour, car elle continue à faire confiance à la justice du pays.

 Comportement exemplaire des détenus lors des événements du 2–3 mars 2024 Lors des événements tragiques survenus dans la nuit du 2 au 3 mars 2024, marqués par l’assaut du Pénitencier national, les personnes concernées n’ont pas fui comme l’avaient fait des milliers de prévenus et prisonniers. Ceci constitue une preuve de leur confiance dans la justice de leur pays. Les innocents pensent toujours que la justice décidera enfin en leur faveur 

Rapport du juge désigné (2 février 2026) : innocence confirmée Le 2 février 2026, à l’issue de toutes les étapes prévues par la loi, le juge désigné a soumis son rapport. Celui-ci établit clairement que l’enquête révèle que : 

• des individus malveillants ont utilisé frauduleusement le nom de l’Église. 

• la lettre de demande de franchise, pièce centrale du dossier, est fausse. 

• la signature du Rév. Père Jean Madoché VIL dans cette lettre a été formellement identifiée comme imitation par les experts de la Police judiciaire. Donc, la pièce centrale ne provient d’aucune autorité ecclésiastique habilitée. 

Dénonciation d’une injustice et défense de l’honneur des prêtres. La relation que les prêtres et les laïcs entretenaient avec une personne impliquée dans cette affaire — laquelle avait auparavant collaboré avec l’Église et vendu ses services à certains partenaires étrangers soutenant des institutions diocésaines — ne sauraient imputer une quelconque responsabilité pénale aux dirigeants de l’institution. L’enquête patrimoniale menée à leur sujet contredit également les allégations médiatiques selon lesquelles ils disposeraient de richesses importantes. Les conclusions démontrent qu’ils vivent dans la simplicité, fidèles à leur mission de service. L’opinion publique doit connaitre la vérité et l’Eglise et ses membres doivent être lavés de cette infamie. 

Appel à la justice haïtienne 

Ainsi, il est porté à la connaissance de tous que l’Église Épiscopale d’Haïti, ses prêtres et ses laïcs, sont les principales victimes de ce réseau mafieux, décline formellement toute implication dans les faits évoqués, et ce pour les motifs suivants : 

Sur la nature des documents invoqués Il est établi que l’ensemble des documents utilisés par les individus malveillants présente un caractère manifestement frauduleux, ne répondant à aucune exigence d’authenticité ni de validité légale. 

Sur l’origine desdits documents Les pièces en question ne sauraient, en aucune manière, être rattachées à une quelconque autorité ecclésiastique reconnue de l’Église Épiscopale, laquelle n’en est ni l’émettrice ni la garante.

Sur les résultats des investigations judiciaires 

Les enquêtes diligentées par les instances compétentes du système judiciaire n’ont permis d’établir aucun élément probant susceptible de démontrer qu’un prêtre de ladite Église aurait été en possession de richesses d’importance ou d’origine illicite. 

Sur l’authenticité de la signature contestée 

Il ressort des conclusions de la Police scientifique que la signature attribuée au Révérend Père Jean Madoché VIL est une falsification, celle-ci ayant été frauduleusement reproduite et interprétée. En conséquence, au regard des constatations exposées ci-dessus, l’Église Épiscopale d’Haïti sollicite respectueusement les autorités judiciaires compétentes afin qu’elles agissent avec toute la diligence requise, en vue de permettre la libération de nos Révérends Pères Fritz DÉSIRÉ et Frantz COLE, de nos frères Jean-Marie JEAN GILLES et Mamion SAINT GERMAIN, comme l’ont demandé les avocats constitués pour assurer leur défense ainsi que toutes autres personnes se trouvant en détention injustifiée.

 En ce temps pascal où l’Église revit le mystère du Christ injustement accusé, humilié et condamné, la lumière du Christ Ressuscité nous enseigne que les chaînes finissent par tomber, que les ténèbres ne résistent pas à la lumière, que l’innocence ne peut demeurer enchaînée et que la vérité ne saurait être ensevelie. 

L’Église choisit le pardon pour tous ceux et toutes celles qui ont contribué, de près ou de loin, à ternir son image et celle de ses membres. La mission des prêtres demeure inchangée : servir la vérité, promouvoir la justice et incarner l’amour du prochain. 

Nous réaffirmons notre confiance en la justice, appelée à se tenir debout, libre de toute pression, fidèle à sa noble mission. L’Eglise de Jésus-Christ exhorte les magistrats et tous les professionnels du système judiciaire à accomplir leur tâche avec intégrité, conscience et courage. On dit que le glaive de la justice n’a pas de fourreau, maïs c’est lorsqu’il se trouve entre de bonnes mains. Nous croyons que le glaive de la justice se trouve entre de bonnes mains. 

« La vérité doit triompher. La justice doit être rendue. Les innocents doivent être libérés ». Justice! Paix! Bénédictions!

Fait à Pétion-Ville, le 5 avril 2026

Pour le Comité Permanent, Rév Père Samuel Saint Louis, Président du Comité Permanent

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