SIGNATURES EN SOLDE : QUAND LE PARAPHE NE VAUT PLUS RIEN

SIGNATURES EN SOLDE : QUAND LE PARAPHE NE VAUT PLUS RIEN

La signature n’est forte que si la probité de celui qui l’appose la soutient. Haïti peine à trouver des femmes et des hommes constants, capables d’associer parole, signature et action.

En Haïti, la signature a perdu sa gravité. Au bas des documents, elle ne garantit plus la parole donnée, ni l’engagement moral, ni la cohérence politique. Que vaut le paraphe d’un homme dont la parole fluctue selon les vents, contredite le lendemain, disséquée au pénal fin, recyclée au gré des intérêts ? Une signature n’est pas un simple tracé d’encre : elle engage la responsabilité, elle crée une obligation. Mais encore faut-il que celui qui signe inspire confiance.

Depuis l’accord de septembre 2021, celui du 21 décembre 2022, puis l’arrangement ayant conduit au CPT à 9 Tèt kale et dekale en avril 2024, les mêmes figures circulent, signent, re-signent, jurent, puis renient. Accord sur accord, pacte sur pacte, sans échéance précise, sans mécanisme contraignant, sans reddition de comptes. Une succession d’engagements qui s’empilent pendant que la Constitution demeure lettre morte. Le droit public se transforme en théâtre d’ombres.

Un homme sans ligne fixe, sans appartenance politique constante, sans idéal revendiqué, mais toujours présent là où circulent fonds et privilèges : peut-il donner valeur à un document déterminant pour le bien-être collectif ? La signature n’est forte que si la probité de celui qui l’appose la soutient. Sans crédibilité, elle devient décorative, instrumentalisée, voire suspecte.

La situation est tangible : colonnes fissurées, cathédrales morales rétrécies, institutions fragilisées. On proclame le développement en slogans, on promet la stabilité en conférences, pendant que le pays s’enlise dans l’insécurité et l’improvisation normative. Le pacte sans date d’expiration ressemble à une fuite en avant, un chaos contractuel où personne n’assume l’issue.

Comment un gouvernement de doublure, crédité d’un maigre 16/100 dans le dernier rapport de Transparency International, peut-il prétendre inspirer la confiance nationale et internationale ? Haïti peine à trouver des femmes et des hommes constants, capables d’associer parole, signature et action. Une signature n’a de valeur que si elle reflète une conscience droite et un engagement durable. Sans cela, elle n’est qu’une ligne d’encre sur un papier déjà froissé par l’histoire.

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