PRA | CE QUE JE PENSE : PÉRÉGRINATIONS VIRTUELLES DE LA CARICOM

PRA | CE QUE JE PENSE : PÉRÉGRINATIONS VIRTUELLES DE LA CARICOM

La CARICOM s’oriente vers un schéma de sortie de crise préconstruit, présenté sous l’apparence d’un dialogue structuré avec des acteurs haïtiens sélectionnés, sensiblement les mêmes qu’hier et qu’aujourd’hui.

PÉRÉGRINATIONS VIRTUELLES DE LA CARICOM

Par Pierre Robert Auguste

La Caricom ne voit, ne sait comment se dégager de cette voie engluée où l’ont piégée son imprudence, sa condescendance pro-américaine, dopées par ses préjugés discriminatoires inspirés de la théorie erronée de l’insignifiance du groupe dominant de l’Internationale à l’encontre de l’haitien. L’acceptation de la présidence collégiale l’avait confortée dans ce qui était normalement une illusion. Le CPT a géré les ambitions personnelles mais ne pouvait garantir la gouvernance d’un état en pleine crise sociétale.

Une semaine avant l’échéance du 7 février,la crise étatique s’est envenimée d’une inconnue marquée par une grande incertitude. Comment sera l’après 7 février ?

Déjà, Washington a échoué dans sa tentative de faire démanteler les gangs avant le 3 février pour influencer la décision d’un juge américain présumé défavorable à l’annulation du tps des immigrants haïtiens. Le remplacement du cpt reste problématique. De justesse, son ambassade a évité la direction de la PNH de se compromettre ,se volatiliser dans une tentative désespérée de coup d’état. Plus politisée que cette branche de l’état, il n’y en a pas. Et ce n’est une garantie ni pour le gouvernement ni pour la PNH elle-même.

Pressée par le Secrétaire d’état américain Marco Rubio, enclin à l’usage de la force, indifférent aux données anthropologique, sociologique, historique indispensables à la bonne approche des crises structurelles comme celle d’Haiti, la Caricom a organisé le 30 janvier une autre pérégrination virtuelle avec les parties prenantes haitiennes regroupées en 12 secteurs, une référence duodecimale plus proche de l’ordre mystique ( comme dans la Bible, les 12 apôtres, les 12 tribus ) que des réalités sociologiques portées par plus de 200 partis et organisations politiques, un nombre infini de sociétés civiles, des sectes incalculables des affaires dont a été choisie la plus réactionnaire réputée incivique, antipatriote. Sur la table, Haïti était absent. Des ambitions personnelles s’entrecroisaient dans une atmosphère feutrée d’occultation prévisible. Deux semaines avant, une soixantaine de propositions signées des groupements haïtiens s’invitaient à l’attention des éminentes personnalités désignées pour la méditation par la Caricom. Les parties haïtiennes voulaient s’écouter parler en bandes éparses et n’ont pas choisi de négocier. Pour négocier, il aurait fallu aligner Washington comme partie prenante créditée d’une position publique discutable, pas inarrêtable, donc sujette au compromis. Il aurait fallu demander aux médiateurs la garantie de leur indépendance, de n’être pas la courroie de transmission de Washington. Il aurait fallu, avant toute chose, savoir faire front commun ou s’y préparer.

Une délégation de la Caricom est attendue ce lundi 2 février au Département d’état. Ce qui a tout l’air d’une convocation. Mercredi 4 février, elle reviendra vers les parties prenantes haïtiennes, peut-être avec des réalités au dur visage . Lesquelles?

Au pas, au trot, au galop. La politique est comme la cavalerie. N’étant pas sûr de sa monture, on ne s’aventure pas. Si elle vient à sortir de ce cadre pour embrasser l’intérêt commun, l’intérêt général, il faut s’assurer d’avoir derrière soi la force sociale nécessaire. Le peuple n’ a délégué personne. Et les uns et les autres n’incarnent pas ses aspirations et ses besoins fondamentaux. Cette transition lui coûte trop cher. Trop de transactions malhonnêtes et injustes pèsent trop lourd sur son frêle dos comme celle en cours de l’électricité qu’ il devra payer bientôt trois fois plus que ne le voulait le martyr Jovenel Moïse. Des gouffres financiers apparaîtront après le 7 février. Il comprendra soudain qu’il n’a que la révolte pour rétablir son humanité et donner la conscience morale à ceux qui ne sont pas prédisposés à en avoir, préférant les deals même déshumanisants à leur statut propre d’êtres humains.

Ceux qui ne peuvent comprendre qu’aujourd’hui est un jour nouveau verront finir leur utilité dans l’apocalypse et seront retranchés de la ville de l’Eternel comme tous ceux qui commettent l’injustice ( PS 101 v 8 ).

Gonaïves le 1er février 2026

Pierre Robert Auguste

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