ONU – Haïti : aucun scrutin depuis 2016, le mandat du BINUH axé sur l’Etat de droit doit être renouvelé

ONU – Haïti : aucun scrutin depuis 2016, le mandat du BINUH axé sur l’Etat de droit doit être renouvelé

ONU – Haïti : le mandat du BINUH, chargé du renforcement des institutions de l’État de droit depuis 2019, en voie de renouvellement

NATIONS UNIES – Le Conseil de sécurité des Nations unies doit examiner, en janvier 2026, le renouvellement du mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), mission créée en 2019 et officiellement chargée d’appuyer le renforcement des institutions de l’État de droit, selon le programme de travail provisoire consulté par Reuters.

Le BINUH intervient en Haïti depuis plus de six ans, dans le prolongement de trois décennies de présence onusienne continue sous différentes formes. Son mandat, établi sous le chapitre VI de la Charte des Nations unies, est essentiellement politique et consultatif. Il vise à accompagner les autorités haïtiennes dans le dialogue national, l’organisation des processus électoraux et la consolidation des institutions judiciaires et administratives, sans pouvoir coercitif.

Cette reconduction intervient toutefois dans un contexte institutionnel inédit. Haïti n’a organisé aucun scrutin national depuis 2016 et ne compte, à ce stade, aucun responsable élu en fonction, ni au niveau exécutif, ni au niveau législatif. L’ensemble des leviers de l’État est exercé par des autorités de transition issues d’accords politiques, en dehors de tout processus électoral validé par le suffrage universel.

Dans ce contexte, la référence récurrente au « renforcement de l’État de droit » interroge. Plusieurs analystes soulignent la difficulté de promouvoir des principes juridiques et démocratiques en l’absence d’institutions élues, de légitimité populaire et de mécanismes réguliers de reddition de comptes. La question se pose dès lors de savoir sur quelles bases normatives et institutionnelles une mission consultative peut prétendre consolider un État de droit inexistant dans sa dimension représentative.

Alors que le Conseil de sécurité s’apprête à renouveler le mandat du BINUH, le débat ressurgit sur la finalité d’une assistance internationale prolongée dans un pays privé de processus électoral depuis près d’une décennie. Entre accompagnement technique et gestion durable d’une vacance démocratique, la mission onusienne demeure au cœur d’un paradoxe que la prochaine décision du Conseil ne semble pas, à ce stade, devoir trancher.

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