— Alors que Nairobi conteste fermement un rapport des Nations unies évoquant des violences sexuelles imputées à son contingent déployé en Haïti, une interrogation demeure : les autorités haïtiennes ont-elles exprimé la moindre préoccupation institutionnelle face à la gravité des faits allégués ?
Rezo Nòdwès 9 avril 2026 — Le gouvernement kényan a opposé une fin de non-recevoir aux conclusions d’un rapport de l’ONU mettant en cause des éléments de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) dans quatre cas présumés de viol, dont trois impliquant des mineures. Dans une correspondance adressée au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, le ministre des Affaires étrangères Musalia Mudavadi a soutenu que les accusations, examinées en interne, n’avaient donné lieu à aucune preuve recevable ni à aucune plainte formelle.
Le rapport, rendu public récemment, indique toutefois que les allégations ont été jugées crédibles à l’issue d’investigations conduites par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Les cas signalés auraient été portés à la connaissance du commandement de la mission, sans qu’une procédure judiciaire publique n’ait été engagée à ce stade. L’Organisation des Nations unies rappelle, dans ce contexte, que les faits d’exploitation et d’abus sexuels constituent des violations graves des normes internationales applicables aux opérations de maintien de la paix et aux missions autorisées.
Déployée en 2024 avec l’aval du Conseil de sécurité pour appuyer les autorités haïtiennes dans la lutte contre l’expansion des groupes armés, la MSS, dirigée par le Kenya, n’a jamais atteint son format opérationnel initial. Confrontée à des contraintes logistiques, financières et politiques, la mission n’est pas parvenue à inverser la dynamique sécuritaire sur le terrain. Elle fait désormais l’objet d’un retrait progressif au profit d’un dispositif international élargi.
Dans ce contexte, l’absence apparente de réaction formelle des autorités haïtiennes interroge. Aucune communication publique substantielle n’a été enregistrée quant à l’ouverture d’une enquête nationale, ni sur d’éventuelles mesures de protection des victimes présumées. Une telle réserve, au regard de la gravité des faits allégués et des obligations internationales de l’État en matière de protection des droits fondamentaux, alimente un questionnement sur la capacité institutionnelle à garantir l’accès à la justice et la traçabilité des responsabilités.
— Fin —
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