Lettre ouverte au Premier ministre M. Alix Didier Fils-Aimé, de Pierre Robert Auguste, président de l’AEA

Lettre ouverte au Premier ministre M. Alix Didier Fils-Aimé, de Pierre Robert Auguste, président de l’AEA

Lettre ouverte au Premier ministre M. Alix Didier de Pierre Robert Auguste, Président de l’AEA

Monsieur le Premier Ministre,

Il existe une différence entre assumer et occuper une fonction. Assumer c’est s’élever à la responsabilité de ses charges. Occuper se réfère à l’esprit jouissif marqué par l’avidité budgétaire, l’impudicité, la propension aux vanités protocolaires.

Si l’Etat se drape et se confine dans la majesté de son être c’est parce que vis-à-vis de ses sujets,il se hisse à un devoir de protection,de sauvegarde de leur dignité humaine. Pour ceux qui sont massacrés à l’orée du 29 mars, à Jean Denis dans l’Artibonite, par les gangs de Savien, au vu et au su de votre gouvernement, qu’est-il advenu de l’État qu’ils avaient crû garant de leur vie et de leur bien? Que penser? Eux, les survivants de Jean Denis sinon leur mort prochaine annoncée ? Que penser? Nous autres, témoins proches ou éloignés devant le mépris caractérisé d’un pouvoir cynique, insensible aux souffrances et misères sociales de la majorité,impatient de payer sur leur compte un faramineux contrat gagé par l’insécurité sur le tong terme programmé de l’insécurité intentionnelle.

Si c’étaient même cinq ou six acolytes du pouvoir, le deuil officiel aurait mis en berne les couleurs. Mais plusieurs dizaines d’assassinés, tenus toujours dans l’humiliation comme les membres de leur classe, n’ont droit qu’ aux regrets feints de l’indifférence sociale d’un esprit discriminatoire tortueux. Leur âme mérite le deuil national.

Il y aura un jour en Haïti, comme jadis en Inde avec Gandhî, la paix, cette fois héroïque,des humiliés.
L’omission peut conduire à la permissivité. Mais l’omission calculée débouche sur des crimes. Seule, au soir des remords, la conscience peut humaniser et ramener les cris désespérés de ceux qui ont eu le corps déchiqueté,les os fracassés,les membres dépecés et jetés dans le fleuve comme pour effacer les mains ensanglantées dans l’impunité.

Que de cris de deuil amplifiant la désapprobation ! Le pays subit la pire gouvernance de son histoire. La direction de la PNH se désoriente sous les directives politiciennes et se perd dans des dérives. Haïti n’est ni gouverné, ni dirigé,ni administré. Il est commandé dans le mauvais sens. Il a cessé d’être un État. Il cessera bientôt d’être un pays si continuent de vivre autant d’hommes et de femmes lâches, de prédateurs candidats aux fonctions publiques, d’opérateurs économiques corrupteurs, de prétendants à la corruption.

Il n’y a pas de gloire de la honte, Monsieur le Premier Ministre. Je vous le dis sincèrement au nom de ce que je crois: la première République noire politiquement indépendante, socialement fraternelle, souverainement égalitaire au regard du droit international.

Je vous salue au nom de ma patrie meurtrie et mutilée.

Gonaïves le 1er avril 2026

Pierre Robert Auguste
Citoyen de Raboteau

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