Huit décennies après la signature de la Charte de l’ONU, le droit international vacille. C’est l’alerte lancée par le Secrétaire général António Guterres devant le Conseil de sécurité : les règles communes, censées contenir les conflits et limiter l’arbitraire, sont de plus en plus ignorées. « L’État de droit est remplacé par la loi de la jungle », a-t-il averti.
Des conflits prolongés aux attaques contre les civils, en passant par l’entrave à l’aide humanitaire, les violations se multiplient sans conséquences visibles. Pour les pays les plus vulnérables, le droit reste une protection vitale. Pour les puissances, il devrait être une limite. Or, de Gaza à l’Ukraine, du Sahel au Myanmar, la norme juridique est souvent traitée comme optionnelle.
Cette dérive nourrit une crise plus large : celle du multilatéralisme. Le Conseil de sécurité, seul organe capable d’imposer des décisions contraignantes, apparaît paralysé par les vetos et les rivalités géopolitiques. Résultat : accords fragiles, cessez-le-feu temporaires, processus politiques bloqués.
Guterres a aussi rappelé que la paix ne tient pas sans justice. Il a plaidé pour le respect des décisions de la Cour internationale de justice et pour le rôle de la Cour pénale internationale, face aux tentatives de contournement ou de discrédit.
Le message est clair : sans règles respectées et sans mécanismes de reddition de comptes, l’ordre mondial risque de glisser vers un simple rapport de forces. Et dans ce monde-là, ce sont rarement les plus puissants qui paient le prix fort.
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