Depuis le début du conflit armé entre les États-Unis, Israël et l’Iran, nous voyons des blogueurs, des analystes de tout genre ou de simples commentateurs utiliser le mot « guerre » pour décrire ce conflit. Récemment, un camarade m’a consulté, sachant que je connais parfaitement bien le sujet, pour avoir mon avis sur la question. Voici ma réponse pédagogique et conventionnelle sur ce sujet très sensible.
Est-ce que le conflit militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran entre dans le stade de guerre ? Honnêtement, la réponse ne devrait pas être compliquée, mais le contexte dans lequel nous vivons et les parties engagées dans le conflit le rendent un peu compliqué. Essayons de répondre clairement et nettement à la question.
Sur le plan conventionnel, pour le moment, ce n’est pas encore une guerre. Car les principes de la guerre sont bien définis, soit par les règles des Nations Unies, soit dans les grands ouvrages politiques, diplomatiques et militaires, et sont enseignés dans toutes les grandes universités du monde.
Concernant ce conflit, nous sommes plutôt actuellement face à une véritable opération militaire dans le sens propre du terme. Les États-Unis mènent une opération militaire contre le régime islamique iranien. Mais ce n’est pas une guerre, comme l’ont répété plusieurs journalistes, blogueurs ou simples spectateurs intéressés. À noter que, jusqu’à présent, aucun dirigeant de ces pays n’a déclaré la guerre de manière officielle. Car on déclare la guerre lorsque toutes les voies politiques et diplomatiques sont déjà épuisées et qu’on n’a pas d’autre option. C’est là que l’on peut passer de la menace à l’attaque directe, si toutefois la diplomatie échoue. Et il faut qu’il existe un minimum de balance entre les États en conflit pour qu’on parle de la possibilité de guerre.
Or, dans le cas dont nous parlons, l’écart est vraiment élevé en termes de rapport de force. Par exemple, jusqu’à présent, les données et rapports techniques dans le domaine militaire n’ont pas encore prouvé que l’Iran a la capacité militaire d’atteindre le territoire américain, soit avec un missile ou un drone. Malgré le fait que l’Iran a développé des missiles hypersoniques, c’est encore très limité en termes d’effet sur le champ de bataille. L’Iran a certes l’intention de créer des bombes atomiques à caractère nucléaire, mais il se heurte à de grandes difficultés face au refus de la communauté internationale, notamment des États-Unis et d’Israël. À noter que, quant à Israël, il possède des bombes nucléaires. C’est juste pour vous dire que l’Iran n’est pas en état de faire la guerre face à ces deux pays.
Pour les États-Unis, c’est encore plus compliqué pour l’Iran, car c’est le pays le plus puissant de la planète. Ils ont des bases militaires partout dans le monde, notamment dans presque tous les pays frontaliers de l’Iran. Et quant à l’Iran, il ne possède aucune base militaire dans un autre pays, à part ses proxies ou milices, en parlant des groupes rebelles pro-Iran, tels que le Hezbollah, les Houthis au Yémen et le Hamas.
J’ai fait toutes ces analyses pour éclairer ceux qui prennent à la légère l’expression « la guerre entre l’Iran face aux États-Unis et Israël ». Car le rapport de force n’est pas proportionnel pour une vraie guerre et les pays n’ont pas non plus déclaré la guerre. Maintenant, nous sommes plutôt face à une opération militaire, peut-être prématurée ou anticipée. Car les États-Unis et l’Iran étaient déjà en pleine discussion à Genève lorsqu’ils ont lancé cette opération contre le régime islamique de l’Iran.
Calvin Ford Cabeche
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