Haïti-Menace de la Presse | OHDLP, Analyse : l’enlèvement de journalistes et la spirale de violences contre la presse en Haïti

Haïti-Menace de la Presse | OHDLP, Analyse : l’enlèvement de journalistes et la spirale de violences contre la presse en Haïti

Par Alex CALAS 

L’Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse (OHDLP) exprime sa plus vive indignation face à l’enlèvement, depuis le 13 mars 2026, de deux jeunes journalistes haïtiens : Osnel Espérance et Junior Célestin. Ces deux professionnels de l’information, engagés dans leur mission d’éclairer la société haïtienne, demeurent jusqu’à présent entre les mains de leurs ravisseurs. Cette situation constitue une nouvelle atteinte grave à la liberté de la presse dans un pays où exercer le métier de journaliste est devenu l’une des professions les plus dangereuses.

Depuis plusieurs années, Haïti traverse une crise sécuritaire et institutionnelle profonde. Les enlèvements, les attaques armées et les actes d’intimidation se multiplient contre des acteurs de la société civile, mais les journalistes figurent parmi les cibles les plus vulnérables. L’affaire impliquant Osnel Espérance et Junior Célestin illustre tragiquement la dégradation du climat de sécurité pour les professionnels des médias.

*Une attaque directe contre la liberté de la presse*

L’enlèvement de ces deux journalistes ne peut être considéré comme un simple acte criminel isolé. Il s’inscrit dans une dynamique de violence structurelle qui vise à réduire au silence les voix critiques et les acteurs de l’information. Dans un contexte où l’accès à l’information est déjà difficile, l’enlèvement de journalistes représente un coup sévère porté au droit du public à être informé.

L’OHDLP rappelle que les journalistes jouent un rôle fondamental dans toute démocratie. Leur mission consiste à informer, analyser et questionner les pouvoirs publics et les dynamiques sociales. En s’attaquant à eux, les groupes armés et autres acteurs violents portent atteinte à un pilier essentiel de l’État de droit. Face à cette situation alarmante, l’OHDLP exige la libération immédiate de Osnel Espérance et Junior Célestin. L’organisation appelle les autorités judiciaires et policières à mobiliser toutes les ressources nécessaires afin de garantir leur retour sain et sauf auprès de leurs familles.

*Interpellation des autorités haïtiennes*

L’OHDLP appelle également le Premier Ministre Alix Didier FILS-AIME et le Ministre de la Culture et de la Communication, Emmanuel Ménard, à assumer pleinement leurs responsabilités dans la protection des professionnels des médias. Le silence ou l’inaction face à ces attaques pourrait être interprété comme une forme de tolérance implicite envers les crimes commis contre la presse. Dans un État de droit, les autorités ont l’obligation de garantir la sécurité des journalistes et de veiller à ce que les crimes commis contre eux soient poursuivis et sanctionnés.

L’OHDLP insiste sur la nécessité d’une coordination efficace entre les institutions judiciaires, policières et gouvernementales afin d’aboutir à la libération des deux journalistes kidnappés. L’organisme de la société civile haïtienne et la protection de la Liberté de la Presse dénonce énergiquement contre la tentative d’enlèvement contre un dirigeant de média. La situation sécuritaire ne se limite pas à ces enlèvements. L’OHDLP se dit également très préoccupé par les informations selon lesquelles la résidence de Marvel Dandin, directeur général de Radio Kiskeya, a été ciblée par des bandits armés qui tentaient de le kidnapper. Cet incident s’est produit à la veille de la commémoration du huitième anniversaire de la disparition tragique du photojournaliste Vladimir Legagneur, un événement qui rappelle douloureusement la vulnérabilité persistante des journalistes haïtiens. Cette tentative d’enlèvement démontre que même les figures médiatiques les plus connues ne sont pas épargnées par l’insécurité qui règne dans le pays.

*Violences policières contre des journalistes à Saint-Marc dans le bas-Artibonite*

L’OHDLP condamne également avec la plus grande fermeté les violences perpétrées par des agents de la Police Nationale d’Haïti contre deux journalistes dans la ville de Saint-Marc. Il s’agit de Junior Racine et Carlos Augustin ont été victimes de menaces de mort, de bastonnades et de mauvais traitements de la part des agents de la Police Nationale d’Haïti à Saint Marc dans le Bas-Artibonite. Ces actes barbaresques constituent une violation grave des droits humains et une atteinte directe à la liberté de la presse. Les forces de l’ordre, censées protéger la population et garantir l’ordre public, ne doivent en aucun cas devenir des instruments de répression contre les journalistes. L’OHDLP demande que toute la lumière soit faite sur cette affaire et exige que les agents policiers impliqués soient identifiés, traduits devant la justice et sanctionnés conformément à la loi.

*L’impunité : une plaie persistante*

L’un des problèmes majeurs auxquels fait face la presse haïtienne reste l’impunité. Plusieurs assassinats de journalistes demeurent non élucidés, ce qui contribue à instaurer un climat de peur et d’insécurité. Parmi les cas les plus emblématiques figurent ceux de Jean Léopard Dominique, Brignole Lindor, Jacques Roche, Néhémie Joseph, photojournaliste Vladimir Légagneur et Tess Garry pour citer que ceux-là. Ces crimes, dont plusieurs restent impunis, illustrent la faiblesse des institutions judiciaires face aux attaques contre les journalistes. Tant que les responsables de ces assassinats ne seront pas jugés et condamnés, les agressions contre la presse risquent de se poursuivre.

*Le témoignage d’une persécution politique*

La situation des journalistes haïtiens ne peut être analysée sans évoquer les persécutions subies par certains professionnels de la presse haïtienne dans l’exercice de leurs fonctions. Le journaliste et analyste sociopolitique Alex Calas, directeur exécutif de l’Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse (OHDLP), a lui-même été victime de menaces et de persécutions lorsqu’il animait les émissions : *Brasé Lide, Ann Pale, Parole Parlementaire et Le Voyageur* sur les ondes de la Radio RCH2000. Face aux pressions exercées par des bandits notoires et certains acteurs politiques, il avait été contraint de se cacher pour sauver sa vie. Ce type d’expérience illustre la réalité quotidienne de nombreux journalistes haïtiens, confrontés à des menaces constantes en raison de leurs analyses et de leurs prises de position.

*Une profession plongée dans la précarité*

Au-delà des menaces sécuritaires, les journalistes haïtiens doivent également faire face à une situation socio-économique extrêmement précaire. Les faibles salaires, l’absence de protection sociale et les conditions de travail difficiles rendent les professionnels des médias encore plus vulnérables. Dans un tel contexte, exercer le métier de journaliste relève souvent d’un véritable acte de courage. Malgré les dangers, ces professionnels continuent de remplir leur mission d’informer la population.

*Un appel urgent pour la liberté de la presse*

Face à cette situation préoccupante, l’OHDLP réaffirme son engagement à défendre la liberté de la presse et la sécurité des journalistes en Haïti. L’organisation de la société civile haïtienne appelle les autorités à agir rapidement afin de retrouver et libérer des journalistes, Osnel Espérance et Junior Célestin. L’OHDLP exige également l’ouverture d’une enquête judiciaire approfondie sur ces enlèvements ainsi que sur les violences policières survenues à Saint-Marc dans le bas Artibonite. Plus largement, l’organisation appelle à la mise en place de mécanismes concrets de protection des journalistes et à une lutte réelle contre l’impunité. Car sans sécurité pour les journalistes, il ne peut y avoir de véritable liberté de la presse. Et sans liberté de la presse, il ne peut exister de démocratie véritable.

Aujourd’hui plus que jamais, la société haïtienne doit se mobiliser pour défendre ceux qui consacrent leur vie à informer la nation. La libération des journalistes kidnappés et la fin de l’impunité constituent des impératifs urgents pour l’avenir de la presse et de la démocratie en Haïti.

Alex CALAS Communicateur, Journaliste, Analyste sociopolitique, Relationniste, Facilitateur des activités événementielles, Défenseur des Droits Humains et Directeur Exécutif de Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse (OHDLP).

Email : ohdlphaiti@gmail.com

Phone +509 3639 5588

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