« La corruption généralisée et la mise à l’écart de la Constitution de 1987 ont alimenté le vide institutionnel actuel ». L’évêque d’Anse-à-Veau-Miragoâne, Mgr Pierre-André Dumas, estime que l’effondrement de la gouvernance et l’insécurité généralisée rendent illusoire l’organisation d’élections crédibles en Haïti en 2026 sans rétablissement préalable de l’ordre constitutionnel.
Miami — Pierre-André Dumas, évêque d’Anse-à-Veau-Miragoâne et vice-président de la Conférence épiscopale haïtienne, a averti que les élections prévues en 2026 ne pourront être ni libres ni démocratiques en l’absence d’une sécurité totale sur l’ensemble du territoire national. Le prélat s’exprimait depuis Miami, où il se remet d’une tentative d’assassinat survenue en février 2024, liée, selon l’Église, à son engagement en faveur de la paix.
Dans son analyse relayée par des médias haïtiens, Mgr Dumas décrit une population confrontée à une insécurité quotidienne, à la pauvreté et à la violence armée, tout en mettant en avant la résilience du peuple haïtien. Il estime que cette capacité de résistance repose sur une foi chrétienne profondément ancrée, permettant aux citoyens de refuser la peur et de nourrir l’espérance d’une reconstruction nationale.
Le diagnostic de l’Église catholique sur la crise politique se veut sans concession. Le prélat dénonce une faillite de la gouvernance, marquée par la prédominance des intérêts partisans, l’absence de vision morale et le contrôle de vastes portions du territoire par des groupes armés. Selon lui, la corruption généralisée et la mise à l’écart de la Constitution de 1987 ont alimenté le vide institutionnel actuel.
L’Église appelle à une transition fondée sur la réconciliation nationale et la refondation des institutions, affirmant que l’espérance chrétienne doit guider l’action civique et politique. Pour Mgr Dumas, seule une transition pacifique, assortie du rétablissement de l’ordre constitutionnel, peut créer les conditions d’un processus électoral crédible en 2026.
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