Convention nationale ou répétition des impasses ? Les signataires testent une autre voie
À la veille de l’échéance du 7 février 2026, un ensemble hétérogène d’organisations politiques, syndicales et de la société civile haïtienne a rendu publique une déclaration conjointe visant à baliser l’issue du cycle transitoire ouvert après la chute de l’ordre constitutionnel. Le texte acte explicitement la fin de mission du Conseil présidentiel de transition (CPT) à cette date, en s’appuyant sur les termes de l’Accord du 3 avril 2024, présenté comme fondement normatif de la transition actuelle .
Au-delà de ce rappel juridique, la déclaration esquisse une alternative institutionnelle fondée sur la mise en place d’une « Nouvelle Gouvernance Intérimaire inclusive ». Cette option s’articule autour de l’organisation d’une Convention nationale, pensée comme un espace de médiation politique et sociale. Le pilotage du processus serait confié à un Collège national de facilitation regroupant autorités religieuses, universités, chambres de commerce et organisations citoyennes, dans une tentative assumée de déplacer la source de légitimité vers des corps intermédiaires jugés plus représentatifs du tissu national .
La portée politique du document réside aussi dans la diversité de ses signataires : partis, mouvements citoyens, organisations de femmes, syndicats, collectifs de jeunes et figures politiques expérimentées. Cette pluralité cherche à produire un effet de masse critique, susceptible de conférer une légitimité sociale à une architecture intérimaire encore dépourvue de contours institutionnels précis. Le texte demeure en effet silencieux sur la durée du dispositif envisagé, ses mécanismes de désignation et ses rapports avec les institutions existantes, laissant en suspens la question de sa capacité à rompre avec les cycles transitoires antérieurs .
Enfin, la déclaration établit un lien direct entre transition politique et sécurité. Les partenaires internationaux sont interpellés afin qu’ils respectent leurs engagements en matière de renforcement des forces nationales, condition présentée comme préalable à toute stabilisation durable. L’appel final à la vigilance et à la mobilisation populaire souligne, en creux, la fragilité de l’initiative : plus qu’un projet institutionnel achevé, le texte apparaît comme un acte de positionnement stratégique dans un contexte où la quête de légitimité demeure l’enjeu central de l’après-CPT .
Communiqué
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