Révoqué en novembre 2003, le visa américain de Jocelerme Privert n’a été rétabli qu’en 2015, dans un cadre strictement protocolaire, afin de lui permettre, en tant que président provisoire, de se rendre à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies. Depuis lors, il n’a jamais été invité officiellement à Washington. Cet antécédent diplomatique éclaire, avec le recul, la posture effacée et prudente — voire tèt anba — qu’il adopte aujourd’hui dans la crise institutionnelle profonde qui secoue Haïti à l’approche du 7 février 2026, date hautement symbolique dans l’histoire politique du pays.
Flashback – Novembre 2003 | Annulation du visa américain d’un ministre haïtien
En novembre 2003, l’administration américaine a procédé à une mesure inédite dans ses relations avec l’exécutif haïtien : la révocation du visa du ministre de l’Intérieur de l’époque, Jocelerme Privert, alors chargé de mater les manifestations anti-Aristide, quelques jours après la répression d’un rassemblement pacifique sur le Champ de Mars, à Port-au-Prince. Il s’agissait de la première annulation de visa visant un ministre haïtien en fonction.
L’annonce a été faite le 21 novembre 2003 par la porte-parole de l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, Judith Trunzo, selon une dépêche de l’Agence France-Presse (AFP). La diplomate avait refusé de préciser les motifs de la décision, indiquant uniquement qu’elle relevait d’un « processus administratif ».
Jusqu’alors, Washington avait appliqué ce type de mesure à des parlementaires, à des responsables des forces de sécurité ou à des acteurs économiques, mais jamais à un membre du gouvernement central. La décision constituait ainsi un précédent diplomatique notable.
Cette révocation est intervenue dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par l’interdiction d’une mobilisation de la société civile et du secteur privé à Port-au-Prince. À l’annonce de ce rassemblement, l’ambassadeur des États-Unis en Haïti, James Foley, avait averti les autorités que le respect des libertés publiques serait interprété comme un test des intentions démocratiques du pouvoir en place.
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