Face à cet éventuel projet évoqué par le Department of Homeland Security visant à restreindre les transferts de fonds vers Haïti, une interrogation demeure quant au positionnement de la ministre des Haïtiens vivant à l’étranger : a-t-elle été officiellement informée de cette initiative et entend-elle engager une démarche diplomatique en vue d’en atténuer les effets potentiels ?
New York / Port-au-Prince, 25 mars 2026 (Rezo Nòdwès) — Un projet évoqué par le Department of Homeland Security qui viserait à restreindre, voire à limiter significativement les transferts de fonds des migrants haïtiens vers leur pays d’origine suscite une vive inquiétude parmi la diaspora et les familles bénéficiaires en Haïti, déjà confrontées à une crise humanitaire sévère.
Ces transferts constituent une source essentielle de revenus pour de nombreux ménages. Selon la World Bank, ils ont atteint environ 4,2 milliards de dollars en 2024, soit près de 16 % du produit intérieur brut du pays. Ils permettent notamment de couvrir des dépenses vitales telles que l’alimentation, les frais scolaires et les soins médicaux.
Des organisations de défense des migrants, dont la Haitian Bridge Alliance, alertent sur les conséquences immédiates d’une telle mesure. Elles soulignent qu’une grande partie de la population dépend directement du soutien financier de la diaspora, dans un contexte où près de 90 % des emplois relèvent du secteur informel et où la pauvreté demeure généralisée.
Sur le plan humanitaire, la situation continue de se détériorer, selon Human Rights Watch, qui fait état de millions de personnes nécessitant une assistance urgente. L’arrêt des transferts pourrait accentuer l’insécurité alimentaire et les vulnérabilités sanitaires dans le pays.
Plusieurs analystes estiment qu’une telle politique pourrait produire des effets contraires aux objectifs migratoires affichés par Washington, en aggravant les conditions de vie en Haïti et en incitant davantage de personnes à quitter le pays.
À ce stade, aucune décision officielle n’a été entérinée. Des organisations communautaires et juridiques aux États-Unis indiquent toutefois envisager des recours en justice si le projet devait être mis en œuvre.
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