Des politiciens agents du chaos, des médias face à leurs responsabilités

Des politiciens agents du chaos, des médias face à leurs responsabilités

Au nom de l’intérêt général, certains médias doivent avoir le courage d’assumer une sanction morale à l’égard des politiciens corrompus. À l’inverse, au nom de la liberté d’expression, des politiciens traditionnels instrumentalisent ce principe fondamental pour piétiner la démocratie en Haïti.

Or, le premier principe de toute démocratie viable est la stabilité politique. Plus de trente années d’instabilité chronique démontrent clairement que le modèle actuel est à bout de souffle. Il devient donc urgent de changer de paradigme.

La Constitution haïtienne consacre la liberté d’expression, certes, mais elle impose également des droits et des devoirs, tant aux citoyens qu’aux responsables politiques. La liberté ne saurait être synonyme d’irresponsabilité. Un politicien ne devrait pas être un agent du chaos, mais un acteur du développement, un bâtisseur d’avenir.

En Haïti, nous avons malheureusement produit des spécialistes de la déstabilisation. Détruire un pays ne demande ni effort intellectuel ni vision stratégique ; gouverner, en revanche, exige rigueur, sens de l’État et responsabilité historique.

Dans toute société démocratique, l’intérêt général prime sur les intérêts personnels ou partisans. Si nous voulons sauver ce qui reste des acquis démocratiques, nous devons repenser en profondeur la notion même de politicien et le rôle qu’il joue dans l’espace public.

Dans cette dynamique, les médias ont une mission sociale essentielle. Ils ne peuvent se contenter d’être de simples relais de discours politiques. Ils doivent, lorsque l’intérêt général l’exige, mettre à nu les politiciens corrompus, les confronter à leurs responsabilités et refuser la banalisation de l’irresponsabilité politique.

Enfin, il convient de le rappeler : avant d’être journaliste, on est d’abord citoyen. À ce titre, la responsabilité sociale doit toujours primer sur les calculs politiques, les pressions ou les complaisances.

Alceus Dilson
Communicologue, juriste
Alceusdominique@gmail.com

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