La problématique de l’eau potable en Haïti atteint unseuil critique, menaçant directement la santé publique et la sécurité nationale. Entre pollutionsystémique des ressources hydriques et faillite de la régulation étatique, l’organisation Ecovert-Haiti exprime ses vives préoccupations et dénonce l’échec manifeste du Ministère du Commerceet de l’Industrie (MCI) dans sa mission de protection des consommateurs. Un constat alarmant de pollution généralisée.
En l’absence de politiques d’évaluation environnementale et de protection des zones de recharge, les ressources hydriques du pays, des sources jusqu’aux nappes phréatiques, subissent unecontamination massive. La dégradation des bassins versants par les pratiques agricoles nonrégulées, les constructions anarchiques et l’absence de systèmes d’assainissement adéquats(latrines et fosses septiques non étanches) favorisent l’infiltration de matières fécales et derésidus chimiques dans les nappes souterraines.
À cette crise sanitaire s’ajoute une catastrophe écologique : le développement incontrôlédesindustries d’eau en sachet et en bidon depuis les années 2000. Sans encadrement ni recyclage, cesecteur est devenu le principal responsable de la pollution plastique qui obstrue aujourd’hui nosrues, nos égouts et nos littoraux, aggravant les risques d’inondations et de maladies hydriques. L’échec de la régulation et des services publics.
Ecovert-Haiti souligne l’incapacité chronique de la DINEPA à desservir une populationdeplusde 12 millions de citoyens. Ce vide institutionnel a laissé le champ libre à un secteur privéinformel et à des entreprises de production dont la technologie est souvent insuffisantepourgarantir la potabilité de l’eau.
Dans la zone métropolitaine, la DINEPA ne couvre que 20 % des besoins en eau potable, obligeant les ménages et même les plus hautes sphères de l’État, dont le Palais National (Villad’Accueil) à s’approvisionner via des camions-citernes. Ces derniers prélèvent une eau saumâtre, non contrôlée, parfois contaminée par des résidus chimiques tels que les acides de batteries. L’inaction du MCI : un « mea culpa » tardif et peu crédible.
Ecovert-Haiti s’étonne des récentes déclarations du Ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazar, dénonçant la consommation d’eau contaminée. Comment expliquer quelesdeux institutions sous sa tutelle, la Direction du Contrôle de Qualité (DCQ) et le BureauHaïtiende Normalisation (BHN) – soient restées inactives pendant plus de 20 ans ? « La Direction du Contrôle de Qualité vient-elle de naître en 2025 ou 2026 ? », s’interrogeEcovert-Haiti. Depuis 2023, l’organisation travaille volontairement aux côtés du MCI et duMDEau sein de la Commission Assainissement et Environnement du BHN pour l’adoption de normesnationales. Malheureusement, ces normes restent confinées dans des tiroirs, alors que le marchéhaïtien est devenu une véritable savane où circulent sans contrôle des produits alimentaires, constructions cosmétiques et pharmaceutiques périlleux.
Les recommandations d’Ecovert-Haiti
Face à ce danger de santé publique et à cette menace écologique, Ecovert-Haiti préconise : 1. L’application immédiate des normes adoptées par le BHN et la mise en œuvre effective des protocoles de régulation, afin de sortir de l’inertie administrative.
2. Une politique rigoureuse d’aménagement du territoire, visant à protéger les zones de rechargeet les nappes phréatiques contre la contamination fécale et chimique.
3. Le renforcement du contrôle technique des entreprises de traitement d’eau et des camions- citernes, avec des inspections régulières et des sanctions en cas de non-conformité. 4. Une transition vers une gestion restauratrice des écosystèmes aquatiques, à l’échelle nationale, incluant les villes de province où la situation est tout aussi alarmante.
5. La reconnaissance de l’eau potable comme un droit fondamental, nécessitant une gouvernancetransparente, participative et durable.
Un appel à la responsabilité et à l’action
Haïti ne peut plus se contenter de dirigeants qui dénoncent sans agir. La population exige des responsables qui prévoient, protègent et mettent en œuvre des solutions durables. L’eau potableest un bien vital, et son accès universel doit devenir une priorité nationale.
Ensemble pour un environnement et une population en santé.
Anel Dorlean
Écologiste et Ingénieur en Développement
Coordonnateur de Recherche – Ecocert-Haiti
ecoverthaiti02@gmail.com ,(509) 4181-6168 / 3632-3759
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