Colombie–États-Unis : de la confrontation à l’amorce d’un dialogue sous haute tension

Colombie–États-Unis : de la confrontation à l’amorce d’un dialogue sous haute tension

La Colombie a connu mercredi une mobilisation nationale d’ampleur en soutien au président Gustavo Petro, cible de menaces répétées du président américain Donald Trump. Partis de gauche, syndicats, mouvements sociaux et citoyens ont répondu à l’appel lancé par le chef de l’État colombien, dans un climat de forte crispation diplomatique entre Bogota et Washington.

À l’origine de cette tension : l’intervention militaire américaine à Caracas le 3 janvier, qui a conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, suivie de déclarations de Donald Trump évoquant de possibles actions similaires en Colombie. Le président américain accuse notamment Gustavo Petro d’indulgence envers le narcotrafic, des propos vigoureusement rejetés par le gouvernement colombien.

Pourtant, contre toute attente, un premier échange téléphonique a eu lieu mercredi soir entre les deux dirigeants, marquant un infléchissement notable. Selon le ministre colombien de l’Intérieur, Armando Benedetti, les deux chefs d’État se sont engagés à mener des « actions conjointes » contre la guérilla de l’ELN, active le long de la frontière colombo-vénézuélienne. Gustavo Petro a par ailleurs accepté une invitation à se rendre prochainement à Washington.

La frontière de plus de 2 200 kilomètres entre la Colombie et le Venezuela demeure un foyer majeur d’instabilité, où s’entrecroisent narcotrafic, groupes armés et contrebande. L’ELN, forte de près de 5 800 combattants, y joue un rôle central. Les négociations de paix engagées par Gustavo Petro depuis son arrivée au pouvoir en 2022 sont au point mort depuis 2024.

Malgré la rhétorique agressive échangée ces dernières semaines — Donald Trump ayant qualifié son homologue de « baron de la drogue », tandis que Petro dénonçait un « enlèvement illégal » de Maduro — les deux camps semblent désormais privilégier le canal diplomatique. « S’il n’y a pas de dialogue, c’est la guerre », a averti Gustavo Petro devant ses partisans à Bogota.

Reste à savoir si ce rapprochement tactique marque un réel tournant ou une simple pause dans une relation bilatérale redevenue l’une des plus explosives d’Amérique latine.

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