Crise : Mgr Pierre André Dumas se retire du processus de médiation politique

Crise : Mgr Pierre André Dumas se retire du processus de médiation politique

Peuple haïtien, 

Frères et sœurs bien-aimés, 

Depuis plusieurs jours, comme vous le savez, mon nom circule dans l’espace public en lien avec une éventuelle médiation nationale, à un moment particulièrement critique de la vie de notre pays. Pour l’histoire et la vérité, par souci de respect, de paix et de responsabilité, je souhaite aujourd’hui apporter les clarifications nécessaires et faire connaître ma décision en toute transparence et en toute sérénité. 

Je tiens d’abord à préciser clairement que je ne me suis jamais personnellement proposé comme médiateur. Les démarches évoquant mon nom sont nées de sollicitations extérieures émanant de coalitions politiques, d’organisations de la société civile, de grands corps constitués ainsi que de personnalités nationales et internationales. À toutes celles et ceux qui m’ont témoigné leur confiance, j’exprime ma gratitude respectueuse. 

Lorsque j’ai accepté d’accueillir ces sollicitations avec attention, cela s’est fait dans un esprit strictement pastoral, en communion avec l’Église, sans jamais agir ni prétendre agir comme représentant officiel de la Conférence des évêques d’Haïti. 

Je rappelle également, avec constance, que je ne suis membre d’aucune organisation politique. Ma mission est celle d’un pasteur. Comme berger du peuple de Dieu, j’ai toujours estimé de mon devoir d’écouter tous, de parler à tous et d’encourager toute démarche sincère orientée vers le bien commun, dans le respect de l’Évangile et de la dignité de la personne humaine. 

Si j’ai accepté d’accueillir certaines sollicitations avec respect, c’est parce que je crois profondément à ce que l’Église appelle la culture de la rencontre : écouter sans exclure, dialoguer sans condamner, créer des espaces où la parole peut remplacer la violence. Mon intention n’a jamais été d’élaborer une solution politique, mais d’aider, en tant que pasteur, à restaurer le dialogue là où il s’est brisé. 

Comme l’ont rappelé saint Jean-Paul II, Benoît XVI et le pape François, l’engagement pour le bien commun constitue l’une des expressions les plus nobles de la charité sociale. Les pasteurs ne gouvernent pas, mais ils ont le devoir d’éclairer les consciences, d’accompagner les acteurs et d’encourager toute démarche authentique orientée vers la paix, la justice et la dignité. Le médiateur peut ouvrir la porte ; mais ce sont les fils et filles d’Haïti eux-mêmes qui doivent la franchir ensemble avec courage et responsabilité. 

Cependant, ces derniers jours, des informations inexactes, des interprétations erronées et diverses récupérations ont circulé, créant confusion et malentendus dans l’opinion publique. Après avoir reçu des 

conseils avisés, discerné dans la prière et considéré la sagesse de l’Église, j’ai pris la décision de me retirer de toute implication directe et opérationnelle dans ce processus spécifique de médiation. 

Ce retrait ne signifie ni indifférence, ni découragement, ni abandon. Bien au contraire. 

Je crois profondément en Haïti. 

Je crois profondément en les Haïtiens. 

Je demeure convaincu qu’il existe dans ce pays des femmes et des hommes de valeur, des institutions et des organisations capables de dépasser les intérêts particuliers et d’assumer avec courage et compétence un véritable processus de médiation nationale. Une solution haïtienne est possible. Notre histoire en témoigne. 

Oui, nous pouvons faire l’histoire. 

Oui, nous pouvons ouvrir un nouveau chemin — non pas de violence, mais de réconciliation — inaugurant une ère renouvelée de liberté, d’égalité, de fraternité et de prospérité, fidèles à l’idéal de nos Pères fondateurs. 

Mon corps porte les marques du feu. Ma chair blessée me rappelle chaque jour que Haïti aussi a été meurtrie par des divisions internes, par des violences fratricides, et par des dynamiques qui ont parfois porté atteinte à sa dignité et à sa souveraineté. Mais comme je me suis relevé des cendres par la grâce du Dieu ToutPuissant, je crois avec une foi inébranlable que Haïti peut, doit et va se relever. 

Je resterai toujours disponible pour mon pays et pour mes compatriotes. Je continuerai à prier, à interpeller les consciences et à soutenir toute initiative sincère de dialogue, de paix et de reconstruction nationale. 

Faisons honneur à nos ancêtres. 

Soutenons la souveraineté haïtienne. 

Choisissons la vie, la responsabilité et l’espérance. 

Que Dieu bénisse Haïti. 

Que Dieu bénisse son peuple. 

Fait à Miami et à Anse-à-Veau, le   13 janvier and 2026 

Caritas Christi urget nos !

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