Haïti | 7 février 2026 : CPT et Alix Didier Fils-Aimé doivent quitter le pouvoir simultanément, affirme Dr Josué Renaud (NEHRO)

Haïti | 7 février 2026 : CPT et Alix Didier Fils-Aimé doivent quitter le pouvoir simultanément, affirme Dr Josué Renaud (NEHRO)

À l’approche du 7 février 2026, échéance fixée par l’Accord politique du 3 avril 2024, le débat relatif à la légitimité institutionnelle du Conseil présidentiel de transition (CPT) et de la seconde branche de l’exécutif qui en procède prend une portée à la fois constitutionnelle et sécuritaire. Pour Dr Josué Renaud, directeur exécutif de New England Human Rights Organization (NEHRO), cette date constitue une borne juridique non susceptible d’extension : « l’ensemble du dispositif transitoire doit impérativement quitter le pouvoir ».

Selon M. Renaud, l’Accord du 3 avril 2024 ne prévoit aucune prorogation, explicite ou implicite, du mandat du CPT. Toute tentative de maintien au-delà du 7 février 2026 constituerait une rupture manifeste de l’engagement politique initial, avec des effets directs sur la légalité des actes administratifs et normatifs posés postérieurement à cette date. Cette lecture inclut expressément le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé, dont la désignation ne figurait pas dans l’architecture originelle de l’accord.

Sur le plan sécuritaire, l’entretien met en évidence une dégradation continue sous l’administration actuelle : perte de contrôle territorial, extension de zones livrées aux groupes armés — notamment à Kenscoff — et répétition de massacres, dont celui de Pont-Sondé, dans l’Artibonite, le second épisode meurtrier majeur en un laps de temps rapproché. Pour Josué Renaud, ces éléments engagent une responsabilité politique directe et invalident toute hypothèse de prolongation du statu quo institutionnel.

L’analyse s’étend à la gestion des ressources publiques. Le responsable de NEHRO évoque des pratiques de gaspillage et des détournements de fonds, en contradiction avec les objectifs officiellement assignés à la transition : rétablissement effectif de la sécurité, retour des populations déplacées dans leurs quartiers d’origine, ainsi que le déblocage des principales routes nationales, conduire le pays vers des élections crédibles. « Rien de tout cela n’a été accompli », se désole-t-il.

Interrogé sur l’annonce attribuée à Mgr Pierre André Dumas, évêque d’Anse-à-Veau, relative à une éventuelle médiation, Josué Renaud adopte une posture prudente. Il rappelle qu’un médiateur ne se confond pas avec un décideur et qu’il convient de laisser l’initiative ecclésiale se déployer avant toute appréciation définitive, la médiation relevant d’un processus et non d’une solution prédéterminée.

Entretien – Josué Renaud, New England Human Rights Organization

Rezo Nòdwès :
Le 7 février 2026 est-il, selon vous, une date juridiquement intangible ?

Josué Renaud :
Oui. L’Accord du 3 avril 2024 fixe un cadre temporel précis. Il ne comporte aucune clause autorisant une extension du mandat du CPT. À compter du 7 février 2026, toute continuation de l’exercice du pouvoir relèverait d’une illégalité manifeste.

RN :
Cette lecture inclut-elle le Premier ministre et chef du gouvernement de doublure, M. Alix Didier Fils-Aimé ?

Josué Renaud :
Absolument. Sa nomination ne figure pas dans l’architecture initiale de l’accord. Il ne peut prétendre à aucun bénéfice de prolongation, d’autant plus que son bilan administratif et sécuritaire est largement négatif.

RN :
Vous évoquez une aggravation de l’insécurité. Quels éléments précis retenez-vous ?

Josué Renaud :
La perte de Kenscoff, la répétition de massacres à Pont-Sondé, l’expansion des territoires sous contrôle des gangs, notamment à Arcahaie, Liancourt, entre autres. Ces faits se sont produits sous cette administration, sans réponse structurelle crédible.

RN :
Qu’en est-il de la situation des déplacés internes ?

Josué Renaud :
Aucune politique sérieuse n’a été mise en œuvre pour permettre leur retour. L’État demeure absent, tandis que les fonds censés répondre à cette urgence ont été dilapidés.

RN :
Comment analysez-vous la proposition de médiation portée par Mgr Dumas ?

Josué Renaud :
Il convient de distinguer médiation et solution. Un médiateur facilite un dialogue ; il n’impose pas une issue. Laissons le prélat travailler avant toute appréciation définitive. J’ajoute toutefois qu’il ne saurait être question d’un chèque en blanc, au regard de la proximité passée de certaines structures religieuses, notamment Religions pour la Paix, avec le pouvoir mafieux Tèt Kale, toutes versions confondues.

cba

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