Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes : Ping et poings levés, Haïti lance sa bataille qualificative

Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes : Ping et poings levés, Haïti lance sa bataille qualificative

Nés en 1926 dans une ambition presque romantique d’unir les nations du bassin caribéen et d’Amérique centrale autour du sport, les Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes ont toujours porté en eux ce double visage : vitrine des puissances installées et terrain d’expression pour ceux qui cherchent encore à s’y inscrire. Haïti connaît ce théâtre. Lors de sa dernière participation, elle y avait laissé des traces — deux médailles en taekwondo, une présence vibrante en basket 3×3 — autant de signaux d’un potentiel qui, par éclats, s’impose. Cette fois, avec des Jeux annoncés à Santo Domingo, l’enjeu n’est plus d’apparaître, mais de confirmer, et peut-être d’étendre son empreinte.

Le mois d’avril s’ouvre ainsi comme une séquence décisive. Avant les Jeux eux-mêmes, dont l’ensemble des épreuves se tiendra en République dominicaine, les premières confrontations s’annoncent : celles des qualifications. Et dans ce premier mouvement, deux disciplines prennent l’initiative — le tennis de table et le taekwondo — avec la responsabilité d’engager la dynamique.

Du 6 au 9 avril, le tennis de table ouvre la marche. Discipline en reconstruction, mais désormais en activité constante, elle s’appuie sur un travail de fond mené dans le département de l’Ouest, où la multiplication des compétitions a permis de redonner de la consistance au circuit local. Une génération émerge, encore en devenir mais déjà engagée. Sophie Gilles, Donika St-Fleur, Olivier Guerrier, Bryon Azor et Paul Mackentoche composent un groupe resserré, encadré par le président de la fédération, le professeur Ralph Kernizan, et le chef de mission China Étienne. Direction la République dominicaine, où se joueront ces éliminatoires. L’enjeu est simple : franchir un cap, inscrire les progrès dans le résultat.

Le passage de relais est immédiat. Du 9 au 10 avril, le taekwondo entre en scène, toujours en République dominicaine. Ici, le cadre est différent, les attentes aussi. Discipline structurée, installée dans une logique de performance, le taekwondo haïtien avance avec des repères. Sous l’impulsion du Master Ostin Frenel, le travail engagé ces dernières années a consolidé le vivier et affiné les profils. Woobens Cazeau en incarne la densité, la rigueur, la projection. Mais la figure centrale reste Ava Lee. Médaillée d’or aux Jeux panaméricains juniors, elle arrive avec un statut à soutenir. Chez elle, la maîtrise technique s’accompagne d’une capacité à décider, à imposer son rythme, à conclure. Elle ne découvre pas l’exigence, elle s’y inscrit.

Ces deux disciplines donnent le cadre d’une campagne qui ne se veut plus expérimentale, mais affirmée. Il ne s’agit plus de mesurer l’écart, mais de le réduire. Dans leur sillage, d’autres sports s’inscriront à leur tour dans cette trajectoire : boxe, cyclisme, haltérophilie, natation, judo, athlétisme, et possiblement le football. Tous convergeront vers un même point d’ancrage : la République dominicaine, à la fois terre de qualifications et théâtre des Jeux.

Au fond, tout se joue ici. Ces Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes restent, pour Haïti, un espace rare : celui où l’exposition rencontre l’exigence. Une scène où, parfois, une performance suffit à redéfinir une trajectoire. Cette fois, l’intention est claire : ne pas seulement apparaître, mais compter.

Leconte Dor

J’aime ça :

J’aime chargement…

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *