En Haïti, beaucoup ont l’impression que le système économique est construit au profit d’un groupe bien déterminé. Pourtant, l’un des éléments clés du développement des grandes nations demeure le système de crédit.
Dans les économies modernes, le crédit constitue un moteur fondamental pour stimuler l’investissement, favoriser la création d’entreprises et encourager l’émergence d’une classe moyenne dynamique. Malheureusement, en Haïti, l’accès au crédit semble souvent influencé par des facteurs tels que la couleur de peau, les relations sociales ou l’appartenance à certaines élites économiques et politiques.
Pourtant, si l’on veut réellement développer la classe moyenne et stimuler l’économie nationale, le crédit doit être accessible au plus grand nombre, dans un cadre transparent et équitable. Sans un système de financement inclusif, il ne saurait y avoir d’émergence économique durable.
Les institutions financières évoquent souvent la question de la solvabilité pour justifier les refus de prêts. Cependant, l’État devrait également jouer un rôle central dans la création des conditions nécessaires à l’emploi et à l’investissement. Il existe plusieurs leviers par lesquels l’État pourrait encourager la distribution du crédit et stimuler l’économie.
Premièrement, les employés de l’État, bénéficiant d’une garantie de salaire, pourraient avoir accès à des crédits destinés à financer des activités économiques capables de créer des emplois.
Deuxièmement, les contractuels de l’administration publique pourraient bénéficier de crédits limités pour investir dans des activités génératrices de revenus.
Troisièmement, les employés du secteur privé pourraient obtenir des crédits adaptés à leur niveau de solvabilité et à leur stabilité professionnelle.
Quatrièmement, les petits commerçants et les PME devraient avoir accès à des financements pour soutenir leurs activités et favoriser leur croissance.
Cinquièmement, les étudiants finissants à l’université, porteurs de projets sérieux et innovants, pourraient bénéficier de crédits ou de fonds d’appui pour lancer leurs initiatives.
Dans cette perspective, des institutions publiques comme la Banque Nationale de Crédit (BNC) et l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA) ont un rôle majeur à jouer dans la distribution de crédits productifs capables de relancer l’économie nationale.
Car une chose est certaine : sans accès au crédit, il ne peut y avoir de véritable développement économique.
Alceus Dilson
Communicologue, juriste
Alceusdominique@gmail.com
J’aime ça :
chargement…




