Le gouvernement haïtien a décidé d’augmenter le prix du pétrole à un niveau exorbitant. Une telle décision risque de provoquer une explosion sociale dans les jours à venir.
Dans un pays où le chômage est massif, où l’économie est paralysée et où la majorité des entreprises ne fonctionnent presque plus, cette augmentation pourrait avoir des conséquences dramatiques. L’économie haïtienne repose essentiellement sur deux principales sources de revenus : les transferts de la diaspora et les recettes douanières. Dans ce contexte fragile, augmenter le prix du carburant revient à aggraver davantage la souffrance de la population.
Selon la théorie fiscale du principe de la capacité contributive, développée dans la littérature de l’économie publique, l’impôt ou toute charge fiscale doit être proportionnelle à la capacité économique des citoyens. Dans un pays où une grande partie de la population vit déjà dans une situation de précarité extrême, une augmentation brutale du prix du carburant agit comme une taxation indirecte qui frappe davantage les plus pauvres.
De plus, la théorie économique de l’incidence fiscale explique que les taxes indirectes sur les produits essentiels se répercutent sur l’ensemble des prix de l’économie. Dans le cas du carburant, l’impact est encore plus important, car il influence directement les coûts de transport, la production agricole et la distribution des produits de première nécessité. Ainsi, cette mesure pourrait accélérer la hausse du coût de la vie et augmenter le taux de famine dans le pays.
Face à la situation déplorable et aux conditions humanitaires extrêmement difficiles dans lesquelles vit la population, on s’attendrait à ce que le gouvernement apporte des solutions concrètes pour soulager les citoyens. Malheureusement, au lieu d’alléger les souffrances du peuple, cette décision risque d’alourdir encore davantage le fardeau de la population.
Haïti n’a pas besoin d’une guerre comme celles entre l’Iran et Israël ou entre la Russie et l’Ukraine pour connaître l’effondrement de l’État. L’effondrement peut également résulter d’une crise politique chronique, de l’affaiblissement des institutions publiques et de politiques économiques mal adaptées à la réalité sociale.
Si aucune mesure d’accompagnement n’est mise en place, cette politique pourrait fragiliser encore davantage l’État et alimenter une crise sociale majeure dans le pays.
Alceus Dilson, Communicologue, Juriste
Alceusdominique@gmail.com
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