Port-au-Prince — À l’approche de la période pascale, la portée symbolique de la décision interpelle : tandis que la population demeure exposée à l’insécurité et à la privation, le pouvoir de doublure en place décrète une augmentation substantielle des prix du carburant, affectant directement les conditions ordinaires d’existence. Cette mesure s’analyse comme une charge additionnelle imposée à des ménages déjà soumis à une pression économique persistante.
Le kérosène, utilisé dans les foyers pour l’éclairage et parfois la cuisson, enregistre une augmentation d’environ 38 %, passant de 615 à 845 gourdes. Dans la même dynamique, l’essence grimpe de 560 à 725 gourdes (+29,5 %), tandis que le diesel bondit de 620 à 850 gourdes (+37,1 %). Une flambée généralisée qui touche à la fois les ménages et les activités économiques, du transport à la distribution des produits de première nécessité.
Sur le terrain, la contrainte atteint un niveau critique : les groupes armés exercent une violence létale, incendient des habitations, contrôlent les axes stratégiques et instaurent des prélèvements coercitifs qui désorganisent les circuits d’approvisionnement. Parallèlement, l’État procède à une augmentation du coût de la vie. Il en résulte une double imposition de fait, où le citoyen ordinaire supporte à la fois les charges informelles aux points de passage et la hausse officielle des prix à la pompe.
La classe moyenne, déjà affaiblie, se rapproche d’un seuil critique. Les chauffeurs ajustent leurs tarifs, les commerçants répercutent les hausses, les familles réduisent leurs dépenses essentielles. Le kérosène, ressource de base pour de nombreux foyers, devient progressivement inaccessible.
Le discours officiel reprend des arguments déjà mobilisés sous Ariel Henry : impératifs budgétaires, nécessité d’ajustement. Toutefois, l’absence de mécanismes d’atténuation sociale rend la mesure difficilement soutenable pour une large partie de la population.
Le moment choisi renforce la portée symbolique de la décision. En pleine Semaine Sainte, cette augmentation s’impose comme une image forte : une population contrainte de supporter seule le poids d’une crise multidimensionnelle, sans relais institutionnel visible.
J’aime ça :
chargement…




