Partout ailleurs dans le monde, lorsque les puissances occidentales tentent d’imposer leur influence, la résistance se fait rapidement sentir. Les États-Unis ont dépensé des millions de dollars pour tenter de capturer Nicolás Maduro, preuve qu’une partie du Venezuela continue de résister. En Colombie, le président Gustavo Petro a eu des prises de bec avec Donald Trump afin de défendre les intérêts de son pays. Le Mexique défend également sa souveraineté nationale, tandis que Cuba, malgré les négociations en cours avec Washington, continue de résister aux pressions.
En Iran, les États-Unis se heurtent depuis longtemps à la résistance du peuple iranien. En Afrique, les puissances occidentales sont aujourd’hui contraintes de négocier avec des pays comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Partout, les élites nationales et les peuples font entendre leur voix pour défendre leur souveraineté.
Mais en Haïti, la situation semble différente.
Notre esprit collectif semble avoir été progressivement conditionné à accepter la domination comme une réalité normale. Pourtant, la domination n’a jamais été une bonne chose. Sa caractéristique principale demeure l’exploitation sous toutes ses formes : économique, politique et culturelle.
Il a fallu du temps pour conduire Haïti à ce niveau de dépendance. Le cerveau collectif haïtien semble aujourd’hui imprégné d’un internationalisme excessif. Même nos dirigeants donnent parfois l’impression d’être importés. Tout paraît importé : ministres importés, présidents importés, solutions importées.
Peu à peu, l’instinct de révolte s’est affaibli chez l’homme haïtien, alors même qu’il représentait autrefois une force historique et un danger réel pour les systèmes de domination.
Pourtant, l’histoire nous rappelle une autre réalité.
Haïti est le premier peuple noir à avoir vaincu une grande puissance coloniale au XVIIIᵉ siècle et à proclamer son indépendance en 1804 . Sous la direction de figures historiques comme Jean-Jacques Dessalines et Toussaint Louverture, les anciens esclaves ont défait les forces de Napoléon Bonaparte, notamment après la bataille décisive de Vertières en 1803 .
Ce fut un acte historique majeur de résistance contre la domination et l’exploitation d’un peuple par un autre.
Depuis lors, cependant, les puissances occidentales ont exercé une influence considérable sur les structures économiques, politiques et éducatives du pays. Certains estiment même que notre système éducatif a progressivement affaibli le sens de la souveraineté et de la dignité nationale.
Dans ce contexte, tout mouvement de révolte est souvent présenté comme une faute, une menace ou une infraction.
Voilà peut-être l’un des grands projets silencieux de l’ordre international : transformer un peuple historiquement rebelle en un peuple habitué à la dépendance.
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