Les féministes toujours au combat !
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les organisations féministes signataires expriment leur profonde préoccupation face à la dégradation continue de la situation sociopolitique, sécuritaire et institutionnelle du pays et à l’absence de perspectives politiques porteuses pour son avenir.
La crise multidimensionnelle pénalise lourdement la population et affecte de manière disproportionnée les femmes et les filles en termes de violence de genre, de précarité économique, de manque d’accès aux services essentiels, notamment la santé.
Encore une fois, nous sommes face à un gouvernement assujetti à la communauté internationale, doté de tous les pouvoirs, sans date précise de fin de mandat, sans feuille de route concertée, claire et inclusive et qui envisage de changer arbitrairement des articles de la Constitution. Ce gouvernement, qui n’est nouveau que dans son apparence, est adossé à un ensemble de mesures questionnables, notamment l’adoption de décrets qui aggravent l’impunité et affaiblissent les institutions, au lieu de favoriser la construction de l’État de droit.
Si des élections générales doivent certainement être organisées, des préalables doivent cependant être respectés pour garantir la crédibilité des processus. Le contrôle territorial exercé par les gangs armés criminels, les déplacements forcés de population, la difficulté d’accéder à une carte d’identité valide, sont parmi les facteurs qui compromettent gravement l’exercice des droits politiques des citoyen⋅nes. L’inclusion n’est pas une simple option, c’est une nécessité absolue.
L’avenir d’Haïti ne se forgera pas sans les femmes qui ne sont pas de simples spectatrices, mais des actrices pour le renouveau du pays et la solidarité nationale. Depuis 1986, les féministes ne cessent de se mobiliser pour l’adoption et la mise en œuvre de politiques publiques en faveur du respect des droits humains des femmes et de leur participation citoyenne et politique.
Les organisations féministes signataires demeurent mobilisées pour transformer notre société en vue de garantir à chaque citoyen⋅ne dignité et égalité. Elles continuent d’exiger: • La fin des discriminations et des violences envers les femmes ;
• La défense de la souveraineté nationale ;
• La transparence et la redevabilité dans la gestion des affaires publiques ; • L’application de mesures sérieuses de protection des populations fragilisées par la crise, en particulier les femmes et les enfants ;
• L’adoption de mesures susceptibles de contrer efficacement et durablement l’action des gangs armés et la corruption.
Sans sécurité, sans justice et sans implication des femmes, il n’y aura pas de sortie de crise durable, ni de véritable construction démocratique.
8 mars 2026.
Signataires : AFASDA (Association des femmes soleil d’Haïti), Fanm Deside, Fondation Toya, Kay Fanm, SOFA (Solidarité des femmes haïtiennes) ; Sabine Manigat, féministe indépendante. Pour authentification
Elvire Eugène, Coordonnatrice AFASDA Contact : afasdacap@yahoo.fr / Tel (+ 509) 43 93 31 95
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