Vague de violences au Pakistan : 9 morts lors d’attaques contre le consulat des États-Unis et des bureaux de l’ONU
Karachi – Une flambée de violences a secoué dimanche plusieurs grandes villes pakistanaises, faisant au moins neuf morts et plus de cinquante blessés, à la suite de manifestations dirigées contre les représentations diplomatiques américaines et des installations des Nations unies. Les troubles surviennent dans un contexte de forte tension régionale après les frappes menées par Washington et Tel-Aviv contre l’Iran, ayant conduit à la mort de l’ayatollah Ali Khamenei.
À Karachi, capitale de la province du Sindh et principal centre économique du pays, des milliers de manifestants chiites ont convergé vers le consulat des États-Unis. Selon les autorités policières locales, des groupes ont brièvement attaqué le périmètre du bâtiment diplomatique, incendié un poste de police voisin et brisé des vitres avant d’être dispersés par les forces de sécurité. Les responsables hospitaliers ont confirmé neuf décès, dont trois blessés initialement admis dans un état critique.
Dans la région montagneuse du Gilgit-Baltistan, des manifestants ont pris pour cible les bureaux de la Mission d’observation militaire des Nations unies ainsi que ceux du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Deux protestataires auraient péri lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. Les autorités assurent que le personnel onusien n’a pas été atteint et que des renforts militaires ont permis de rétablir l’ordre.
Des incidents similaires ont été signalés à Islamabad, Peshawar et Lahore, où les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et de matraques pour empêcher les cortèges d’approcher les enclaves diplomatiques. À Multan, en revanche, un rassemblement s’est déroulé sans heurts majeurs.
Le ministre de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, a appelé à la retenue, tout en qualifiant la mort du guide iranien de « jour de deuil pour l’Oumma musulmane ». L’ambassade des États-Unis au Pakistan a exhorté ses ressortissants à éviter les rassemblements et à suivre attentivement les consignes de sécurité.
Dans un pays où la communauté chiite représente environ 15 % d’une population estimée à 250 millions d’habitants, les mobilisations anti-américaines ne sont pas inédites. Toutefois, l’ampleur des violences observées marque un seuil préoccupant, révélateur d’une polarisation régionale dont les effets pourraient dépasser le cadre strictement diplomatique.
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