L’ambassade des États-Unis en Haiti serait intervenue pour faire lever un lour dispositif policier déployé autour de la Villa d’Accueil dans la nuit du 22 au 23 janvier, a déclaré Magalie Comeau-Denis sur Radio Kiskeya, évoquant une tentative de coup de force impliquant la direction générale de la Police nationale.
Port-au-Prince — Un coup d’État ou coup de force présumé visant la fin prématurée du Conseil présidentiel de la transition (CPT) au profit du gouvernement de doublure d’Alix Didier Fils-Aimé aurait eu lieu dans la nuit du 22 au 23 janvier, a rapporté Magalie Comeau-Denis, membre du Bureau de suivi et d’accompagnement (Accord Montana), lors d’une interview accordée au journaliste Marvel Dandin sur les ondes de Radio Kiskeya, dont l’intégralité doit être diffusée dimanche après-midi.
Au micro de l’émission hebdomadaire « Pale Pou’n Vanse », Mme Comeau-Denis a affirmé qu’un projet de tentative de coup d’État, matérialisé par le déploiement de chars blindés autour de la Villa d’Accueil, bloquant les accès et les sorties, aurait été mis en œuvre par le directeur général de la Police nationale, Vladimir Paraizon, au profit d’intérêts associés au secteur privé des affaires, avec pour finalité d’affaiblir le Conseil présidentiel de la transition (CPT).
« Sa se te yon tantativ koudeta ki te dwe aplike nan lannuit jedi pou vandredi », a déclaré Mme Comeau-Denis, évoquant des mouvements inhabituels de dispositifs policiers lourds.
Ce que Mme Comeau-Denis qualifie par ailleurs d’élément révélateur, c’est que, selon elle, aucun membre du CPT n’a jusqu’à présent publiquement abordé ni condamné la situation. Elle estime que certaines décisions controversées, notamment le décret relatif à la Haute Cour de justice, limiteraient aujourd’hui leur capacité à corriger ou dénoncer cet état de fait.
Selon ses déclarations, plusieurs blindés de la Police nationale ont été positionnés durant toute la nuit aux abords de la Villa d’Accueil, siège temporaire du pouvoir exécutif. Des employés du site ont rencontré des difficultés à regagner leurs bureaux le vendredi matin.
« Moun ki travay nan Villa d’Accueil te gen difikilte pou antre vandredi maten, paske tout lannuit te gen blende ki te kanpe devan lokal la », a-t-elle précisé.
Mme Comeau-Denis a également déclaré que le directeur général de la police a procédé, de sa propre initiative, à l’installation du coordonnateur du Palais national sans validation formelle de l’ensemble des membres du CPT, notamment sans l’accord des cinq conseillers ayant signé la décision de révocation d’Alix Didier Fils-Aimé.
« Enstalasyon sa pa t fèt avèk aval tout manm CPT yo », a-t-elle indiqué.
Toujours selon ses propos, la situation a fait l’objet d’échanges diplomatiques. Mme Comeau-Denis affirme que l’ambassade des États-Unis a transmis un message direct au directeur général de la police pour faire cesser le dispositif.
« Yo fè li konprann li te ale twò lwen », a-t-elle soutenu.
Sur le plan structurel, l’intervenante a dénoncé ce qu’elle qualifie de transformation progressive de l’État haïtien vers un modèle de « société anonyme », évoquant la signature de contrats dépassant 500 millions de dollars avec des organisations étrangères pour la gestion de secteurs financiers stratégiques.
« Peyi a ap tounen yon sosyete anonim kote resous yo ap pase anba kontwòl prive », a-t-elle affirmé.
Par ailleurs, rappelons que le nom de Vladimir Paraison a déjà été évoqué, dans un dossier relatif à une cargaison d’armes saisie à la Douane de Saint-Marc il y a environ une décennie, dossier considéré toujours d’actualité.
L’intégralité de cet entretien sera diffusée dimanche 1er février à 13 h sur Radio Kiskeya. L’attention se portera sur d’éventuelles réactions des membres du Conseil présidentiel de la transition, ainsi que de M. Alix Didier Fils-Aimé et de M. Vladimir Paraison, d’ici le début de la semaine prochaine, qui s’annonce tendue à l’approche du 7 février 2026, soit J-7.
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