Two Haiti leaders say they plan to proceed with PM removal despite US threats
Port-au-Prince, 24 janvier (Reuters) — Deux membres influents du Conseil présidentiel de transition (CPT) ont confirmé leur intention de poursuivre la procédure visant à écarter le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, en dépit d’avertissements explicites émanant des États-Unis.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, Leslie Voltaire a soutenu que le CPT, à l’origine de la nomination du chef du gouvernement en novembre 2024, dispose de la compétence normative pour adopter un nouveau décret désignant un Premier ministre, un cabinet et une présidence intérimaire. Le conseiller Edgard Leblanc Fils a précisé que la succession serait engagée conformément aux procédures internes, dans un délai maximal de trente jours.
Le CPT, organe exécutif suprême depuis avril 2024, avait déjà mis fin au mandat de son premier chef de gouvernement après six mois. Chargé de conduire le pays vers des élections générales — les premières depuis près d’une décennie — le Conseil voit ce calendrier continuellement repoussé, sur fond de dégradation sécuritaire et d’emprise accrue de groupes armés.
Intervenant plus tard lors d’un événement de la Police nationale, Alix Didier Fils-Aimé a rejeté toute tentative de révocation, affirmant que ni des « criminels en cravate » ni des « criminels en sandales » ne sauraient dicter la loi, et promettant une réponse étatique ferme face à toute opposition aux forces de l’ordre.
À cette occasion, le chargé d’affaires américain Henry Wooster a estimé nécessaire le maintien du Premier ministre afin d’assurer la continuité de la lutte contre les gangs. Plus tôt dans la journée, le secrétaire d’État Marco Rubio s’est entretenu avec M. Fils-Aimé, soulignant l’impératif de stabilité et appelant à la dissolution du CPT à l’expiration de son mandat, le 7 février, tout en évoquant un « coût élevé » pour les responsables soupçonnés de corruption.
Cinq des neuf membres du Conseil auraient signé une résolution de révocation, selon plusieurs sources locales, sans que le texte n’ait encore été publié au journal officiel — condition de son opposabilité juridique. Les dissensions internes, les accusations de corruption et l’aggravation de l’insécurité continuent de fragiliser la légitimité et la capacité d’action du CPT, à l’approche d’une échéance institutionnelle sans mécanisme de succession formellement arrêté.
Source : Reuters
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