Corée du Sud : l’ex-président Yoon condamné à cinq ans de prison dans un premier procès

Corée du Sud : l’ex-président Yoon condamné à cinq ans de prison dans un premier procès

Un tribunal sud-coréen a condamné vendredi l’ex-président Yoon Suk-yeol à cinq ans de prison pour obstruction à la justice et abus de pouvoir, première décision pénale dans une série de procédures engagées après sa tentative avortée d’instaurer la loi martiale fin 2024.

Âgé de 65 ans, l’ancien dirigeant conservateur, destitué en avril dernier, a écopé d’une peine inférieure aux réquisitions du parquet, qui avait demandé dix ans d’emprisonnement. À l’annonce du verdict, ses partisans rassemblés devant le tribunal sont restés silencieux avant de scander des slogans en sa faveur.

Le tribunal du district central de Séoul a estimé que M. Yoon avait abusé de son pouvoir en utilisant le service de sécurité présidentielle comme une garde personnelle et en empêchant les enquêteurs de procéder à son arrestation. « La culpabilité de l’accusé est extrêmement grave », a déclaré le président du tribunal, Baek Dae-hyun, soulignant son « mépris de la Constitution et de l’État de droit ».

Les faits jugés vendredi constituent un volet secondaire de l’affaire qui a plongé le pays dans une grave crise politique. Il était notamment reproché à M. Yoon d’avoir écarté des ministres lors de réunions préparatoires à la loi martiale et de s’être retranché plusieurs semaines dans sa résidence, faisant échouer une première tentative d’interpellation.

La crise remonte au 3 décembre 2024, lorsque Yoon Suk-yeol avait annoncé l’imposition de la loi martiale et envoyé des troupes encercler le Parlement, avant de faire marche arrière après le vote des députés suspendant son décret. Il avait justifié cette décision par le blocage du budget par l’opposition et par la nécessité, selon lui, de contrer des « forces hostiles à l’État ».

L’ancien président, qui dispose de sept jours pour faire appel, reste poursuivi dans sept autres procédures. Le procès principal pour insurrection, passible de la peine de mort — toujours en vigueur en Corée du Sud bien qu’aucune exécution n’ait eu lieu depuis 1997 — doit rendre son verdict le 19 février. Il est également accusé d’avoir cherché à provoquer la Corée du Nord afin de justifier l’instauration de la loi martiale.

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